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La Minute IA

Trading & Bourse · 10 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : krach du Nasdaq, IPO Anthropic en doute

Le Nasdaq a perdu 5,5 % jeudi, la politique américaine s’invitant dans les data centers. L’IPO d’Anthropic, SpaceX, Agility et les puces Nvidia en Chine sont à lire à travers ce choc.

Marchés IA : krach du Nasdaq, IPO Anthropic en doute

Le Nasdaq a perdu 5,5 % jeudi, la politique américaine s’invitant dans les data centers. L’IPO d’Anthropic, SpaceX, Agility et les puces Nvidia en Chine sont à lire à travers ce choc.

Le Nasdaq décroche de 5,5 % : les marchés craignent un frein aux data centers

Jeudi 5 novembre, Wall Street a connu sa pire séance depuis longtemps. Le déclencheur : la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat, qui fait peur au secteur de l’IA.

L’essentiel :

  • Selon CBS News, le Nasdaq Composite a perdu 1 422 points (-5,5 %) et clôturé à 24 315, entrant en « correction » (plus de 10 % sous son record d’octobre).
  • Le S&P 500 a reculé de 4,4 % et le Dow Jones de 1 833 points (-3,4 %).
  • Nvidia a chuté de 9,2 %, AMD de 17,3 % et CoreWeave de 9,8 % (chiffres CBS).
  • Les analystes citent la crainte d’une régulation de l’IA et d’un ralentissement des data centers.

Pourquoi la politique touche les puces

Un data center est un gros bâtiment bourré de puces, qui consomme beaucoup d’électricité et d’eau. Les riverains s’y opposent de plus en plus. Les investisseurs redoutent que des élus démocrates, au Congrès et dans les États, freinent ces chantiers.

Joe Maher, de Capital Economics, relie la réaction à ce risque de régulation et juge que le boom est « dans ses dernières manches ». Selon l’analyse UBS citée par Reuters, des pauses de construction pourraient menacer environ 30 % des capacités de data centers américains prévues en 2028.

Ce que dit la mécanique financière

Reuters ajoute que les « néoclouds » (CoreWeave, Nebius) subissent aussi des taux plus élevés depuis la fin de l’été. Leurs CDS à cinq ans, l’assurance contre le défaut, ont atteint un record pour CoreWeave. Nebius et CoreWeave ont perdu au moins la moitié de leur valeur depuis le record du Nasdaq du 6 octobre.

Ted Parkhill (Incline Investment Management) résume : le marché passe « de la promesse de l’IA au prix de l’IA ». Pour Adam Turnquist (LPL Financial), la volatilité n’a pas encore atteint les extrêmes d’une capitulation.

Pour l’investisseur européen

Les ETF Nasdaq-100 UCITS, dont celui éligible au PEA, répliquent cet indice et subissent donc la baisse. Reuters note que plusieurs analystes voient dans cette séance un possible changement d’humeur. Ce n’est pas une prévision : seule la suite dira si c’est un accident ou un tournant.

Sources :

Anthropic : l’introduction en Bourse vacille après le krach

L’IPO d’Anthropic devait être l’événement de novembre. Après la chute de jeudi, des investisseurs hésitent sur le calendrier et sur le prix.

L’essentiel :

  • Selon Reuters (5 novembre), des investisseurs potentiels doutent que la tournée de présentation (roadshow) puisse avoir lieu à temps pour une cotation en novembre.
  • Le Wall Street Journal rapporte un scepticisme sur une valorisation de 1 500 Md$ ; certains y voient le haut de leur fourchette.
  • Anthropic a refusé de commenter.
  • Le roadshow était attendu la semaine du 9 novembre.

Ce qui change depuis notre dernière édition

Nous avions couvert le dernier dépôt S-1/A. Le fait nouveau : le marché. Reuters évoque la plus forte baisse technologique en un an, qui pèse sur toutes les introductions. Anthropic pourrait devoir accorder une décote plus forte, vu ses pertes trimestrielles et ses engagements d’infrastructure.

Reuters précise aussi que les investisseurs attendent le chiffre d’affaires d’octobre, laissé en blanc dans le dernier dépôt. Il dira si la croissance repart après le ralentissement des derniers mois. Adam Crisafulli (Vital Knowledge) estime que la chute peut retarder l’opération, qui pourrait lever jusqu’à 100 Md$.

Le pont tech → bourse

Une IPO de cette taille aspire du capital : les fonds doivent vendre autre chose pour y participer. Quand le marché baisse, ils sont moins prêts à payer. Pour un épargnant européen, l’accès passera par des courtiers proposant le marché américain : rien n’indique pour l’instant une éligibilité au PEA.

Rien n’est annulé à ce stade. Un report n’est qu’une hypothèse rapportée par des sources anonymes.

Sources :

SpaceX choisit Qualcomm pour son réseau mobile, mais le titre plonge

Mercredi 4 novembre, SpaceX a donné un nom à son futur réseau terrestre. Le lendemain, l’action a subi le krach de la tech.

L’essentiel :

  • Qualcomm annonce un accord pluriannuel couvrant des dizaines de milliers d’antennes-relais américaines, déploiement attendu dès 2027 (Axios, CNBC).
  • Qualcomm fournit ses plateformes Dragonwing et des logiciels ; SpaceX développe le reste.
  • Les termes financiers n’ont pas été publiés.
  • Selon TIKR, SpaceX a perdu environ 9 % jeudi, comme le reste de l’IA.

Ce que change l’accord

Starlink a jusqu’ici surtout parlé de connexion directe par satellite. Ici, il s’agit de vraies antennes au sol, comme un opérateur classique. CNBC note que SpaceX n’a pas nommé de partenaire parmi les sociétés de tours ni dit combien de nouvelles tours seraient nécessaires. Axios rappelle que SpaceX a aussi évoqué l’idée de transformer les terminaux Starlink en petites cellules.

Le contexte : l’achat de spectre à EchoStar, évalué à 17 Md$. Dans notre dernière édition, nous relayions des discussions préliminaires avec EchoStar autour de Boost Mobile, non confirmées. Yahoo Finance rapporte que des sources évoquent une réaction d’AT&T et T-Mobile si SpaceX rachetait Boost ; cela reste une rumeur.

Le pont tech → bourse

Le titre est pris entre deux forces : un récit de diversification (l’opérateur mobile) et la baisse de tout le secteur IA, dont SpaceX fait partie. Fast Company ajoute un risque politique : une majorité démocrate pourrait compliquer les ambitions mobiles de SpaceX (analyse, pas un fait).

SpaceX n’est pas éligible au PEA : il faut un compte-titres.

Sources :

Data centers : les retards de livraison inquiètent Microsoft et ses fournisseurs

Les néoclouds louent de la puissance de calcul aux géants du cloud. Un retard chez eux se voit tout de suite dans les cours.

L’essentiel :

  • IREN indique que Microsoft a demandé des changements d’équipements réseau, ce qui retarde son site de Childress (Texas), sous contrat de 5 ans d’environ 9,7 Md$.
  • Selon Benzinga, Microsoft a abaissé d’environ 5 Md$ son budget d’investissement 2026 ; le lien exact avec IREN reste incertain.
  • Selon Bloomberg (via Reuters), Microsoft surveille de plus près les projets de Nebius, IREN et Nscale.
  • 24/7 Wall St. : IREN -9 %, Nebius -11 %, CoreWeave -7 % mercredi.

Des images satellites et des permis

La société Aterio dit, d’après des images satellites, avoir vu le site Horizon 4 sans groupes électrogènes ni refroidissement, ce qui interroge la livraison prévue à la fin de l’année (rapporté par la presse, non confirmé par IREN).

Ailleurs, le site Oracle du Nouveau-Mexique (projet à 165 Md$) attend un permis de qualité de l’air et son énergie arrive plus tard : selon la presse sud-coréenne et BigGo, il glisse à l’an prochain. Le dossier Jupiter était déjà dans nos colonnes.

Le pont tech → bourse

Ces sociétés sont très endettées. Un retard de livraison repousse leurs revenus alors que leurs intérêts courent. Bloomberg signale aussi un vendeur anonyme voulant céder 500 M$ de prêts de data centers, et un recul des obligations CoreWeave (titre relayé par FourWeekMBA ; détails non vérifiés).

Pour un investisseur européen, ces valeurs sont des actions américaines hors PEA. Elles servent surtout de thermomètre du secteur.

Sources :

Agility Robotics débute en Bourse au pire moment

C’est la première société américaine de robots humanoïdes cotée en tant que pure player. Elle a choisi, sans le savoir, la pire journée possible.

L’essentiel :

  • Agility a fusionné avec le SPAC Churchill Capital Corp XI le 4 novembre et cote sous AGLT depuis le 5.
  • Valorisation avant opération de 2,5 Md$, environ 465 M$ de capitaux bruts.
  • C’est moins que les plus de 600 M$ prévus lors de l’annonce en juin.
  • Tous les actionnaires existants sont soumis à un blocage de 180 jours.

Un SPAC, pas une IPO classique

Un SPAC est une coquille vide cotée, qui fusionne avec une vraie entreprise. C’est plus rapide qu’une IPO, mais souvent plus risqué pour les petits porteurs. Le vote des actionnaires a approuvé l’opération à plus de 84 % des voix exprimées.

La première séance

Selon un blog (source unique, à prendre avec prudence), l’action a ouvert à 11,26 $, puis oscillé entre 11,49 $ et 8,40 $ avant de clôturer à 10,83 $, dans le krach général de la tech. Les commentateurs relient ce mouvement aux valeurs IA et puces.

Pourquoi c’est un test

Après l’envolée d’Unitree en Chine (sujet traité fin octobre), AGLT donne un point de comparaison américain. Les robots humanoïdes sont encore un pari sur l’avenir : peu de revenus, beaucoup de promesses. Pour un Européen, l’action n’est pas éligible au PEA.

Sources :

Nvidia : les H200 s’entassent à Hong Kong faute d’accord de Pékin

Washington a ouvert la porte aux ventes de H200 en Chine. C’est maintenant Pékin qui ne laisse pas entrer les puces.

L’essentiel :

  • Reuters (5 novembre, deux sources) : environ 600 000 puces H200 attendent à Hong Kong une autorisation d’import en Chine continentale.
  • Quelques grands groupes internet chinois en auraient reçu environ 10 000 chacun ces derniers mois.
  • Un serveur à huit H200 se vendait plus de 6 millions de yuans (900 000 $) fin octobre, environ trois fois plus qu’un an plus tôt.
  • SMIC a perdu jusqu’à 7 % à Hong Kong sur la nouvelle.

Ce qui change depuis notre dernière édition

Nous avions parlé de la RTX Pro 5500 et de la règle des 51 % imposée aux clouds. Le nouveau fait : le blocage vient désormais du côté chinois. Reuters rapporte une réticence de Pékin à accroître sa dépendance à la technologie américaine. Une règle américaine impose un examen au cas par cas des licences H200, donc Washington n’est plus le seul frein.

Le pont tech → bourse

Pour Nvidia, des stocks immobilisés signifient des ventes en Chine qui n’arrivent pas, malgré une demande forte. Pour les fabricants chinois comme SMIC, un blocage d’import est plutôt une bonne nouvelle, d’où la réaction mitigée du secteur.

Hong Kong n’a pas la capacité de data centers pour allumer ces puces, note une analyse. Une source isolée évoque un arrêt des douanes, non confirmé ailleurs.

Pour un Européen, Nvidia reste hors PEA, mais présente dans les ETF mondiaux UCITS.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au vendredi 6 novembre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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