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La Minute IA

Trading & Bourse · 9 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : Alphabet et Amazon sanctionnés, Intel chute, SpaceX et Anthropic

Les résultats de Big Tech ont refroidi les marchés cette semaine. Alphabet, Amazon et Intel déçoivent, pendant que SpaceX dévoile sa dépendance à un gros client du calcul IA.

Marchés IA : Alphabet et Amazon sanctionnés, Intel chute, SpaceX et Anthropic

Les résultats de Big Tech ont refroidi les marchés cette semaine. Alphabet, Amazon et Intel déçoivent, pendant que SpaceX dévoile sa dépendance à un gros client du calcul IA.

Alphabet et Amazon : les dépenses IA font peur à Wall Street

Deux géants du cloud ont publié des résultats décevants à 24 heures d’intervalle. Les deux dépensent des sommes colossales dans l’IA, et les marchés commencent à demander quand cela rapportera.

L’essentiel :

  • Alphabet a manqué les attentes sur le bénéfice et le chiffre d’affaires, une première en près de quatre ans selon CNBC. Le titre a perdu environ 12,6 % en séance le 29 octobre (Seoul Economic Daily).
  • Amazon a publié un bénéfice par action de 1,89 $ contre 1,96 $ attendu. Le titre a cédé 4,25 % en séance puis environ 6 % après la clôture.
  • Les deux groupes ont un flux de trésorerie libre négatif, à cause des investissements dans les centres de données.
  • Les deux annoncent des dépenses 2027 encore plus élevées.

Alphabet : un trimestre solide en ventes, lourd en cash

Le chiffre d’affaires du troisième trimestre atteint environ 127,6 Md$, en hausse d’à peu près 25 % sur un an. Les dépenses d’investissement (capex) ont grimpé à 51,4 Md$ sur le seul trimestre. Le flux de trésorerie libre est ressorti autour de -9,1 Md$. Le groupe maintient son capex 2026 entre 195 et 205 Md$ et prévient que 2027 sera nettement plus élevé, avec plus de détails au quatrième trimestre. Un analyste de Baird, cité dans la presse, juge la réaction du marché plus sévère que les chiffres. Le Nasdaq a reculé d’environ 1,4 % ce jour-là.

Amazon : le cloud accélère, mais la caisse se vide

Chez Amazon, le chiffre d’affaires atteint 201,9 Md$ (+12 %). AWS, sa branche cloud, progresse de 39 % à environ 46 Md$, avec un carnet de commandes de 578 Md$. Mais le capex en cash a atteint 75,9 Md$ au trimestre selon l’appel aux investisseurs, pour environ 220 Md$ sur l’année. Sur douze mois, le flux de trésorerie libre est de -42,4 Md$ (CNBC). Le PDG Andy Jassy a dit que 2027 coûterait « nettement plus ».

Le pont vers la Bourse

Quand les plus grands acheteurs de puces dépensent plus que ce qu’ils gagnent, toute la chaîne le ressent : fabricants de puces, mémoire, serveurs. Les Bourses asiatiques l’ont montré le 30 octobre : SK Hynix a perdu 8,3 % et Samsung 5,9 % (Investing.com). Pour un épargnant européen, ces valeurs américaines et coréennes passent par un compte-titres ou un ETF, pas par le PEA. Ce texte informe, il ne recommande aucun achat.

Sources :

Intel s’effondre malgré de bons chiffres : un trimestre qui inquiète

Intel a battu les attentes sur le bénéfice, puis chuté de plus de 15 % après la clôture. La raison : des prévisions faibles pour la fin d’année.

L’essentiel :

  • Chiffre d’affaires du troisième trimestre : 16,5 Md$, en hausse de 21 % sur un an.
  • Bénéfice ajusté par action : 0,52 $, contre environ 0,41 $ attendu (MarketBeat).
  • Prévision du quatrième trimestre : 15 à 16 Md$ de ventes et 0,25 $ de bénéfice par action.
  • Le titre a reculé d’environ 15,7 % après la clôture (Chartmill), et certains titres de presse évoquent plus de 20 %.

Une usine en Israël et des PC qui se vendent moins

Intel explique ses prévisions par deux causes. D’abord un problème dans une usine en Israël, estimé à environ 300 M$ d’impact au quatrième trimestre. Ensuite un ralentissement du marché des PC, que la direction pense voir durer au moins jusqu’au premier semestre 2027 (Investing.com). La marge brute visée est d’environ 38 % au milieu de la fourchette. Les médias financiers notent aussi la hausse du coût des composants, qui pèse sur les PC.

Pourquoi cela compte pour la chaîne des puces

La demande d’IA est forte, mais elle ne suffit pas à compenser un marché PC en panne ni les aléas d’usine. Le cas rappelle que fabriquer des puces reste difficile : produire assez, au bon coût, au bon moment. Intel est aussi un partenaire annoncé du projet Terafab avec Tesla et SpaceX, dont nous avons parlé dans de précédentes éditions. Une usine en difficulté pose la question de la capacité à livrer.

Pour l’investisseur européen, Intel est une action américaine : elle s’achète sur un compte-titres, pas dans un PEA. Ce texte est informatif et ne constitue pas un conseil.

Sources :

SpaceX : un client pèse plus d’un tiers des ventes, probablement Anthropic

Le rapport trimestriel de SpaceX révèle une forte dépendance à un seul client du calcul IA. Bloomberg affirme qu’il s’agit d’Anthropic, sans confirmation officielle.

L’essentiel :

  • Le « Client B » représente 34,5 % du chiffre d’affaires du troisième trimestre de SpaceX, dans la division IA (10-Q déposé auprès de la SEC).
  • Un « Client A » pèse 16,6 %.
  • Selon Bloomberg, qui cite une source proche du dossier, le Client B est Anthropic. Ni SpaceX ni Anthropic ne l’ont confirmé.
  • Sur neuf mois, ce client représente 24,2 % des ventes, contre moins de 10 % un an plus tôt.

Ce qui change depuis notre dernière édition

Nous avions rapporté que le document d’introduction en Bourse d’Anthropic évoquait des contrats avec SpaceX allant jusqu’à 120,5 Md$ d’ici 2029. Le rapport de SpaceX ajoute la mesure réelle : sur un chiffre d’affaires trimestriel de 14,6 Md$, 34,5 % représentent environ 5 Md$ (calcul La Minute IA, à partir des deux chiffres). Les contrats peuvent être résiliés avec un préavis de 90 jours à partir de début 2027, d’après le document d’Anthropic.

Ce que cela veut dire pour un investisseur

Un client aussi gros apporte de la croissance, mais crée un risque : s’il réduit ses achats, les ventes de SpaceX baissent vite. Le même lien existe dans l’autre sens, puisqu’Anthropic prépare sa propre entrée en Bourse. Les deux dossiers sont désormais liés, et ce qui touche l’un peut toucher l’autre. SpaceX a perdu environ 5 % en octobre selon BigGo Finance.

SpaceX (SPCX) n’est pas éligible au PEA : il faut un compte-titres. Contenu informatif, sans recommandation.

Sources :

Nvidia : l’affaire Megaspeed et le lien avec Jensen Huang

Le New York Times publie une enquête sur Megaspeed, un client singapourien de Nvidia. Elle relance la question des puces qui pourraient finir en Chine.

L’essentiel :

  • Le New York Times rapporte qu’Alice Huang, cadre de Megaspeed, est proche du PDG de Nvidia, Jensen Huang. Les deux ne sont pas de la même famille.
  • Le Times écrit que des responsables américains la soupçonnent de transmettre des informations à Pékin, et que Donald Trump a été briefé sans agir. La Maison-Blanche, la CIA et la NSA n’ont pas commenté.
  • Nvidia répond que Megaspeed est un client régional ordinaire et que ces accusations avaient déjà été examinées.
  • Jensen Huang dit à Bloomberg que Nvidia a « compté chaque GPU » déployé chez Megaspeed.

Ce que l’on sait de l’enquête

D’après le Times, l’enquête américaine a commencé fin 2024, quand un fonctionnaire du Commerce a vu des puces Nvidia encore dans leurs cartons dans un centre de données de Megaspeed en Malaisie. Le ministère de la Justice a repris le dossier cette année. Megaspeed aurait acheté pour environ 2 Md$ de puces Nvidia, selon des articles d’octobre 2025. Megaspeed dit prendre les accusations « extrêmement au sérieux » et a mandaté des avocats externes. Alice Huang n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

Le pont vers la Bourse

Ce dossier ne prouve aucune infraction : l’enquête est en cours et Nvidia conteste. Mais il alimente un risque déjà suivi par le marché, celui de nouveaux contrôles sur les ventes de puces. Nous avons déjà parlé des discussions sur les puces destinées à la Chine, et des règles de Taïwan. Un durcissement pourrait peser sur les ventes de Nvidia en Asie.

Nvidia n’est pas éligible au PEA en direct. Contenu informatif, aucun conseil.

Sources :

Un ETF UCITS sur la robotique chinoise arrive en Europe

HSBC Asset Management propose un ETF européen sur les sociétés chinoises de robotique, selon L’Agefi. C’est un petit fonds, sans historique.

L’essentiel :

  • Le fonds s’appelle HSBC MSCI China Robotics UCITS ETF (code ISIN IE000TMA3NX9, ticker BOTS).
  • Il suit l’indice MSCI China All Shares IMI Robotics Select, qui regroupe des entreprises chinoises de robotique et de technologies clés.
  • Frais annuels de 0,50 %, domicilié en Irlande, libellé en dollars, capitalisant (justETF).
  • Encours d’environ 8 M€ et lancement daté du 14 octobre 2026 (justETF).

Ce que l’on sait du produit

La réplication est physique : le fonds achète les titres de l’indice (justETF). Il est très récent. Les données de performance ne couvrent qu’environ une semaine, donc il n’existe aucun recul. Nous n’avons pas vérifié la liste détaillée des positions ni les pays où il est commercialisé.

Le pont tech vers bourse, côté européen

La robotique humanoïde est un thème que nous suivons : la Chine y est très présente, avec des acteurs comme Unitree. Un ETF UCITS permet d’y accéder par un produit régulé en Europe, sans acheter des actions chinoises une par une. Les actions chinoises ne sont pas des sociétés européennes : un tel fonds ne relève donc pas du PEA, qui vise surtout des entreprises de l’UE ou de l’EEE (à vérifier auprès du courtier). Il reste exposé au risque de change dollar et au risque politique chinois.

Ce contenu est informatif, il ne recommande pas ce produit.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au vendredi 30 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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