Trading & Bourse · 8 min de lecture · Par Mathieu Dugue
Marchés IA : SK hynix, Anthropic en Bourse, Oracle et SpaceX
Les puces mémoire de SK hynix battent tous les records, et Anthropic prépare sa vente d’actions aux particuliers. Oracle ouvre la porte aux puces de Google, et la dette de SpaceX coûte plus cher que prévu.

Les puces mémoire de SK hynix battent tous les records, et Anthropic prépare sa vente d’actions aux particuliers. Oracle ouvre la porte aux puces de Google, et la dette de SpaceX coûte plus cher que prévu.
SK hynix : 80 % de marge sur la mémoire de l’IA
Le fabricant coréen de mémoires a publié des résultats trimestriels hors norme. Il annonce aussi un plan de retour à l’actionnaire géant. Ce chiffre dit beaucoup de la chaîne de valeur de l’IA : la mémoire est devenue un goulot d’étranglement très rentable.
L’essentiel :
- Chiffre d’affaires du T3 : 104,6 billions de wons, première fois au-dessus de 100 billions (+32 % sur un trimestre).
- Résultat d’exploitation : 83,3 billions de wons, soit une marge de 80 %, contre environ 76,7 billions attendus par le marché selon les reprises de presse.
- Retour aux actionnaires prévu pour 2026 : environ 100 billions de wons, entre dividendes (30 billions ou plus) et rachats d’actions (60 billions ou plus).
- Dans les échanges après clôture, le titre gagnait environ 8 % (ADS américains).
Pourquoi la mémoire gagne autant
Les puces d’IA ont besoin de mémoire HBM, empilée tout près du processeur. Selon la direction, la HBM4 est entrée en production de masse au T3 et doit dépasser la HBM3E en volume et en chiffre d’affaires au T4. Des contrats de long terme avec 14 clients couvrent plus de la moitié de la capacité 2027-2028, d’après la retranscription publiée par Investing.com. La société dit que les volumes DRAM et HBM jusqu’en 2029 sont quasiment vendus, en comptant ceux en discussion. C’est une affirmation de la direction, pas un fait vérifié.
Le bénéfice net (39,8 billions de wons) pèse moins lourd que l’exploitation : des pertes de change et de valorisation d’investissements l’ont rogné.
Le pont vers la Bourse, côté européen
SK hynix s’est introduite aux États-Unis en juillet : 17,79 millions d’ADS (chacun représente un dixième d’action) à 149 $, soit environ 26,5 Md$ levés selon Reuters, la cotation principale restant à Séoul. Pour un épargnant européen, ni l’action coréenne ni ces ADS ne sont éligibles au PEA : l’accès passe par un compte-titres ou par des ETF UCITS exposés aux semi-conducteurs ou à la Corée.
Ces résultats nourrissent aussi un débat. Une marge de 80 % attire de nouveaux investissements et des concurrents. La direction annonce d’ailleurs une hausse « significative » des dépenses d’investissement en 2027. Ce n’est ni un signal ni une prévision de cours : c’est le contexte que les analystes surveilleront aux prochains trimestres.
Sources :
- SK hynix : résultats record du T3 2026 (retranscription, Investing.com)
- SK Hynix Q3 : revenus 104,6 T₩, résultat d’exploitation 83,3 T₩ (TradingView)
- CNBC : SK hynix, bénéfice supérieur aux attentes et retour aux investisseurs
- SK Hynix lève 26,5 Md$ aux États-Unis (NST)
- Prospectus 424B4 de SK hynix (SEC)
Anthropic : la part des particuliers et les chiffres du dépôt
Le dépôt public d’Anthropic date de lundi. Ce qui change depuis notre dernière édition : on sait comment les particuliers pourraient y accéder, et les engagements de calcul sont désormais détaillés.
L’essentiel :
- Selon Bloomberg, JPMorgan dirigerait la vente aux particuliers américains. Anthropic envisage d’y consacrer environ 15 à 20 % des actions, sans décision arrêtée.
- Citigroup coordonnerait l’offre aux particuliers hors des États-Unis, dont certains pays de l’Espace économique européen.
- Trésorerie : 112,4 Md$ à fin juin, pour environ 141 Md$ levés au total (NBC News).
- L’entreprise reconnaît qu’elle « pourrait devoir chercher des financements plus tôt que prévu ».
Ce que le dépôt dit sur le calcul
Nous avons déjà couvert les résultats (16,3 Md$ de revenus au premier semestre, perte nette de 80,7 Md$ surtout comptable). Le nouveau détail, rapporté par NBC News, concerne les engagements auprès des fournisseurs : au moins 110 Md$ avec Amazon jusqu’en avril 2036, 120 Md$ avec SpaceX jusqu’en 2029, 115 Md$ avec Google et 45 Md$ avec Microsoft jusqu’en 2033. Ces chiffres diffèrent de ceux que Reuters avait cités pour Google (111,1 Md$) et Microsoft (31,4 Md$). Nous n’avons pas pu les rapprocher dans le texte du dépôt. Le chiffre SpaceX, qui n’était jusque-là appuyé que par une source unique, apparaît donc dans un second média.
Pourquoi cela compte pour un investisseur européen
Le prix, le nombre d’actions et la valorisation restent vides : ils seront fixés après le roadshow. La presse évoque une cotation à la mi-novembre, sous le symbole ANT au Nasdaq, pour une valorisation autour de 2 000 Md$. Ce sont des estimations de presse.
Pour les Européens, deux points à suivre : l’existence d’une tranche internationale pour les particuliers, dont les pays concernés ne sont pas détaillés, et l’éligibilité fiscale. Une société américaine n’est pas éligible au PEA. Le précédent SpaceX rappelle que la demande peut dépasser l’offre : JPMorgan avait mené la vente aux particuliers de l’IPO de 86 Md$ et recueilli plus de 100 Md$ de demandes, avec des allocations partielles.
Sources :
Oracle ajoute les puces TPU de Google à son cloud
Oracle a annoncé mardi, lors de son événement de Las Vegas, qu’il proposera les puces TPU de Google dans son cloud. C’est un signal de diversification : Nvidia reste central, mais les grands clients cherchent des alternatives.
L’essentiel :
- Les TPU seront disponibles sur Oracle Cloud Infrastructure en 2027, avec une montée en puissance sur plusieurs années.
- Oracle se présente comme le premier grand cloud, hors Google, à les proposer directement.
- Le nombre de TPU n’est pas communiqué.
- Nvidia Vera Rubin NVL72 est déjà disponible chez Oracle.
Ce qui est annoncé, et ce qui ne l’est pas
Selon The Register, le dirigeant d’Oracle Mahesh Thiagarajan justifie le choix ainsi : « Différentes charges d’IA ont des besoins de calcul différents. » Les clients pourront utiliser les puces de Google sans passer par Google Cloud. Rien n’est livré aujourd’hui : c’est un engagement pour 2027.
L’action Oracle gagnait environ 5 % en séance, vers 132 $, mais restait en baisse d’environ 31 % depuis le début de l’année (24/7 Wall St.). Pour mémoire, nous avons déjà couvert la fragilité du financement des data centers Oracle, notamment le site Stargate du Nouveau-Mexique.
Le pont vers la Bourse
Pour Alphabet, c’est un nouveau canal de vente de ses puces, au-delà de son propre cloud. Pour Nvidia, c’est un rappel que les clients veulent plusieurs fournisseurs, surtout pour l’inférence (faire tourner un modèle déjà entraîné). Aucun de ces deux effets n’est chiffré à ce stade. The Register note aussi que beaucoup de dépenses d’IA restent « circulaires » entre acteurs du secteur, et cite une étude d’Apollo qui voit peu de retour économique hors de la tech.
Côté épargnant européen, Alphabet, Nvidia et Oracle sont des valeurs américaines, non éligibles au PEA. L’accès passe par un compte-titres ou par des ETF UCITS.
Sources :
- The Register : Oracle et les TPU de Google
- 24/7 Wall St. : Oracle +5 % avec les TPU de Google
- Communications Society : Oracle intègre les accélérateurs Nvidia et Google
SpaceX : une dette de 40 Md$ qui coûte plus cher que prévu
Le financement de 40 Md$ pour acheter des puces Nvidia se précise. Le coût, lui, grimpe. Ce qui change depuis notre dernière édition : on connaît les taux visés.
L’essentiel :
- Selon Semafor (22 octobre), la tranche garantie par des puces serait placée vers 7,75 %, soit plus d’un point au-dessus de ce que rapportent les obligations SpaceX déjà en circulation.
- La tranche la moins bien notée viserait environ 8,3 %.
- Apollo et Goldman Sachs mènent l’opération, qui devait se boucler la semaine suivante.
- L’assurance contre le défaut (CDS) sur SpaceX s’est élargie, ce qui traduit plus de prudence.
Pourquoi les taux montent
Semafor cite deux causes : des résultats solides éclipsés par des dépenses très lourdes et des craintes sur la dette, puis un climat plus tendu sur les prêts liés à l’IA après la chute des obligations de CoreWeave. Nous avons déjà couvert ces tensions chez les néoclouds. Le média parle de « signe de nervosité grandissante dans le monde de l’IA ».
Attention aux versions : Elon Musk a annoncé le 25 octobre sur X avoir bouclé ce financement. Les conditions finales peuvent différer de celles rapportées par Semafor avant la signature, et le détail officiel n’est pas encore publié.
Le pont vers la Bourse
Une dette plus chère pèse sur les marges futures d’un groupe qui prévoit des dépenses d’investissement de plus de 35 Md$ par trimestre. À l’inverse, un prêt garanti par des puces montre que les prêteurs acceptent encore ce type de collatéral. Pour l’investisseur européen, SPCX reste hors PEA : seul un compte-titres y donne accès en direct. Ce sont des faits de financement, pas un jugement sur l’action.
Sources :
- Semafor : la dette de 40 Md$ de SpaceX coûte plus cher
- Il Sole 24 Ore : SpaceX lève de la dette, le marché freine
- KuCoin : SpaceX, risque de crédit record sur le plan de dette de 40 Md$
Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mercredi 28 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.
⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.


