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La Minute IA

Trading & Bourse · 9 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : SpaceX et ses 40 Md$ de puces, Unitree relevé, secousse sur les semi-conducteurs

SpaceX dit avoir bouclé 40 milliards de dollars de dette pour acheter des puces, et Elon Musk prédit une casse chez les « néoclouds ». Pendant ce temps, JPMorgan retourne sa veste sur Unitree et le secteur des puces digère sa pire séance depuis juin.

Marchés IA : SpaceX et ses 40 Md$ de puces, Unitree relevé, secousse sur les semi-conducteurs

SpaceX dit avoir bouclé 40 milliards de dollars de dette pour acheter des puces, et Elon Musk prédit une casse chez les « néoclouds ». Pendant ce temps, JPMorgan retourne sa veste sur Unitree et le secteur des puces digère sa pire séance depuis juin.

SpaceX boucle 40 Md$ de dette pour ses puces, et Musk annonce une casse chez les néoclouds

Elon Musk affirme que SpaceX a clôturé 40 milliards de dollars de financement par dette pour acheter des puces Nvidia. Il en profite pour prédire que des centaines de petits acteurs du cloud IA vont souffrir. Le message a été publié sur X dimanche 25 octobre ; il s’agit d’une déclaration de Musk, pas d’un document de la société.

L’essentiel :

  • Selon Musk, le financement de 40 Md$ est bouclé. Les GPU sont attendus aux premier et deuxième trimestres 2027, d’après Investing.com.
  • Début octobre, le Financial Times rapportait un montage d’environ 10 Md$ de prêts bancaires et 30 Md$ d’obligations, mené par Apollo. Ces détails n’ont pas été confirmés par SpaceX.
  • Musk estime que plus de 200 fournisseurs de cloud spécialisés IA font face à des faillites et à une consolidation, car les marchés de la dette leur seraient presque fermés.
  • Le patron de Nebius reconnaît lui-même que le financement adossé à des actifs s’est temporairement tari, selon Stocktwits.

Pourquoi c’est un signal pour la chaîne des puces

Une puce Nvidia coûte cher. Pour en acheter par dizaines de milliers, il faut emprunter. SpaceX met en avant sa note de crédit « investment grade » et ses revenus de Starlink et de lancements pour y arriver. C’est son argument : elle emprunte sur des revenus qui ne dépendent pas des data centers.

Pour Nvidia, c’est une bonne nouvelle de court terme : un gros client a de quoi payer. Le titre cotait autour de 211 $ lors de la publication de l’article d’Investing.com, en baisse d’environ 0,6 %. Le marché n’a donc pas fait de ce financement un événement haussier à lui seul.

Le revers : les néoclouds sous pression

Les « néoclouds » louent de la puissance de calcul IA. CoreWeave, Nebius et IREN sont les plus connus en bourse. Leur modèle repose sur la dette. Selon BeInCrypto, le coût de la dette de CoreWeave a atteint un record au moment où SpaceX levait ses 40 Md$.

Attention aux nuances. Musk est aussi un concurrent de ces sociétés : SpaceX loue lui-même une partie de sa capacité de calcul à des tiers, et l’investisseur Jim Chanos l’a déjà qualifié de « plus grand néocloud mondial ». Sa prédiction est une opinion, pas un fait.

Et pour l’investisseur européen ?

SPCX est coté au Nasdaq : il n’est pas éligible au PEA, seulement au compte-titres. Les néoclouds cités sont, eux aussi, des valeurs américaines. L’accès passe donc par un courtier qui donne accès aux États-Unis, ou par des ETF thématiques UCITS. Cette édition est informative et ne constitue pas un conseil.

Sources :

Unitree relevé à « surpondérer » par JPMorgan : le robot chinois repart en bourse

Lundi 26 octobre, JPMorgan a relevé Unitree Robotics de deux crans, de « sous-pondérer » à « surpondérer ». L’action a bondi d’environ 11 % selon Investing.com. Un revirement net, quelques semaines après un avis très prudent de la même banque.

L’essentiel :

  • Nouvel objectif de cours de JPMorgan : 995 yuans, contre 300 auparavant, selon Investing.com.
  • Le titre a gagné près de 11 % à 693,50 yuans, un plus haut de deux mois. Les sources divergent : d’autres dépêches parlent de 9 % à 16 %.
  • Déclencheur cité : la conférence mondiale sur l’IA physique à Hangzhou, où le PDG Wang Xingxing a ramené à un ou deux ans l’horizon d’une percée, contre jusqu’à dix ans avancés avant.
  • JPMorgan a relevé ses prévisions de ventes et suppose 10 % à 20 % de part de marché mondiale en 2028 et 2030.

Un titre qui avait beaucoup reculé

Unitree est entré à la Bourse de Shanghai (STAR Market) le 19 août, à 150,8 yuans. Selon des données relayées début octobre, l’action était retombée à 450,4 yuans le 30 septembre, environ 59 % sous son plus haut. À cette date, JPMorgan jugeait la valorisation excessive, à environ 46 fois les ventes 2027 estimées.

En trois semaines, la banque est donc passée d’un objectif de 300 yuans à 995 yuans. Rien n’indique que les fondamentaux de l’entreprise aient changé aussi vite : le motif avancé est surtout un changement d’état d’esprit sur la vitesse d’adoption de l’IA physique. Les analystes disent aussi que le goulot d’étranglement du secteur se déplace du raisonnement de l’IA vers les applications dans le monde réel.

Des démonstrations qui ne sont pas toujours parfaites

La conférence de Hangzhou a aussi produit des images moins flatteuses. Moneycontrol rapporte qu’un robot Unitree a raté un salto de « kung-fu » en public, et TechNode que le nouveau H2-X a perdu une jambe lors d’une démonstration. Unitree a aussi dévoilé un robot « garde du corps » dérivé de sa plateforme H2.

Accès pour un Européen

Unitree est cotée en Chine continentale : pas de PEA, et un accès direct compliqué. Les ETF thématiques sur la robotique, dont certains en format UCITS, sont la voie la plus simple pour s’y exposer. Informations à but pédagogique, sans conseil.

Sources :

Puces : une pire séance depuis juin, mais Nvidia répète que chaque gigawatt vaut plus

Le 22 octobre, l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie (SOX) a chuté de 6,7 %, sa pire séance depuis le 23 juin. Ce week-end, deux signaux ont ajouté des nuances : un discours de Nvidia sur la valeur d’un gigawatt de calcul, et des chiffres sur le prix de location des GPU.

L’essentiel :

  • Le 22 octobre, Lam Research a perdu 12 %, AMD 8 %, Marvell 9 % et Micron 6 %, selon The Motley Fool.
  • Lam a annoncé un chiffre d’affaires record de 8,22 Md$ mais prévenu que des contraintes d’offre (salles blanches, pièces) limiteront ses livraisons jusqu’en 2027.
  • Nvidia indique qu’un gigawatt de capacité IA représente environ 40 Md$ de ventes potentielles avec Vera Rubin, contre environ 25 Md$ avec Grace Blackwell.
  • Selon Stocktwits, des données de a16z montrent des prix de location de GPU en hausse, même pour les puces anciennes.

Pourquoi une bonne nouvelle a fait baisser les titres

Le cas de Lam Research est le plus parlant. Les résultats sont records, mais l’entreprise dit qu’elle ne pourra pas servir toute la demande. Pour un investisseur, « trop de demande pour l’offre » est un bon signe de fond. Mais cela peut aussi freiner les livraisons, donc les ventes à court terme. Le marché a surtout retenu la seconde lecture ce jour-là.

Le contexte pèse aussi. Les craintes sur la dette des acteurs de l’IA, détaillées dans notre premier sujet du jour, rendent les valeurs de la chaîne plus nerveuses à la moindre alerte.

Le chiffre de Nvidia : 40 Md$ par gigawatt

Lors de l’appel de résultats d’août, Nvidia a donné des ordres de grandeur de ventes par gigawatt : environ 18 Md$ pour Hopper, 25 Md$ pour Grace Blackwell, 40 Md$ pour Vera Rubin, soit +60 %. L’argument : la plateforme complète fait plus de calcul avec la même électricité. L’électricité étant le goulot d’étranglement, un gigawatt « rapporte » plus à Nvidia même si le client n’ajoute pas de centrales.

Il faut lire ce chiffre comme une opportunité de ventes, pas comme des commandes fermes. Au trimestre clos le 26 juillet, Nvidia a affiché 96,2 Md$ de chiffre d’affaires, en hausse de 106 % sur un an, d’après The Motley Fool.

Et en Europe ?

Nvidia, AMD, Micron ou Lam Research sont cotés aux États-Unis : pas de PEA en direct. Les ETF semi-conducteurs en format UCITS permettent d’y accéder depuis un PEA ou un compte-titres, selon le fonds. Contenu informatif, sans conseil.

Sources :

Un différend public oppose Elon Musk et l’Ukraine sur l’usage de Starlink par l’armée ukrainienne. Pour les investisseurs de SpaceX, c’est un rappel : une partie du métier de la société dépend de décisions politiques et militaires.

L’essentiel :

  • Musk affirme sur X que les forces ukrainiennes utilisaient le service pour des frappes offensives, et que la faille a été fermée la semaine dernière.
  • Il ajoute que SpaceX a « simplement appliqué ses conditions » une fois celles-ci contournées, et que Starshield, la version militaire, est contrôlée par le gouvernement américain.
  • Kyïv conteste. Un conseiller de Volodymyr Zelensky explique que le service civil ne peut pas servir à de telles frappes.
  • Selon l’Ukraine, des limites de vitesse imposées sans préavis ont gêné l’interception de drones. Le ministère ukrainien de la Défense indique que l’accès complet a été rétabli.

Ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas

Le fait établi : des restrictions techniques ont bien perturbé des opérations de drones, et l’accès a été rétabli, d’après les médias cités. Le reste est contesté. Qui a décidé de ces limites ? Musk renvoie vers l’armée américaine et la présidence pour Starshield. Selon plusieurs médias, des responsables américains disent ne pas les avoir demandées. Nous ne pouvons pas trancher.

Le sujet n’est pas neuf. Début 2026 déjà, l’Ukraine avait contacté SpaceX au sujet de drones russes utilisant Starlink, et la Pologne avait évoqué la recherche d’autres fournisseurs.

Le lien avec la bourse

Starlink est un moteur de revenus de SpaceX, cotée depuis juin. Un client étatique qui doute de la fiabilité du service peut chercher des alternatives. Le Wall Street Journal titre d’ailleurs sur des alliés des États-Unis qui cherchent à échapper à « l’orbite de SpaceX ». Le Bloomberg évoque de son côté des doutes sur Starlink qui profitent aux concurrents de SpaceX. Ces articles sont des analyses, pas des chiffres de revenus.

SPCX n’est pas éligible au PEA. Contenu informatif, sans conseil.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au lundi 26 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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