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Trading & Bourse · 10 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : SpaceX gagne de l’argent, Tesla et Anthropic

SpaceX publie son premier bénéfice et Elon Musk soutient l’idée d’une fusion avec Tesla. Anthropic dévoile une perte énorme, surtout comptable, avant sa Bourse.

Marchés IA : SpaceX gagne de l'argent, Tesla et Anthropic

SpaceX publie son premier bénéfice et Elon Musk soutient l’idée d’une fusion avec Tesla. Anthropic dévoile une perte énorme, surtout comptable, avant sa Bourse.

SpaceX a publié mardi soir ses résultats du troisième trimestre. Pour la première fois depuis son introduction en Bourse, le groupe affiche un bénéfice. Et son activité d’IA devient sa première source de revenus.

L’essentiel :

  • Chiffre d’affaires de 14,6 Md$ (+161 % sur un an), contre environ 12,7 Md$ attendus par les analystes.
  • Bénéfice net de 4,4 Md$, contre une perte de 1,1 Md$ un an plus tôt.
  • Le segment « Super Intelligence » (IA) rapporte 7,6 Md$ et dépasse Starlink (5,2 Md$, +69 %).
  • Les investissements du trimestre atteignent 19,6 Md$, dont 16,4 Md$ pour l’IA.

Un bénéfice net qui ne dit pas tout

Le résultat net de 4,4 Md$ impressionne, mais il ne vient pas seulement de l’exploitation. Selon Basenor et 1023 Jack, le résultat d’exploitation s’élève à 2,8 Md$ : le reste vient de produits financiers, d’autres revenus et d’un avantage fiscal. Pour lire une société qui investit autant, il faut regarder cet écart. Côté IA, le résultat d’exploitation du segment est de 431 M$, contre une perte de 1,7 Md$ un an plus tôt (Euronews/AFP).

Starlink, lui, compte 13,6 millions d’abonnés particuliers. Mais le revenu mensuel moyen par abonné recule à 69 $ (contre 83 $), signe que la croissance vient aussi d’offres moins chères.

La rareté de la puissance de calcul

Pendant la conférence avec les analystes, Elon Musk a dit que SpaceX pourrait louer sa puissance de calcul « plusieurs fois » et que la pénurie durerait des années (Benzinga). L’entreprise aurait cherché à déplacer une partie de ses tâches d’inférence vers d’autres clouds, sans trouver de puces Nvidia GB300, de TPU Google ou de Trainium Amazon disponibles. La capacité atteint 1,7 GW, contre 0,6 GW un an plus tôt, avec 2,5 à 3 GW visés fin 2026. L’objectif de 10 GW supplémentaires en 2027 reste une déclaration de dirigeant, pas une garantie. La direction attend 35 à 40 Md$ d’investissements au quatrième trimestre.

Pour la chaîne des puces, le signal est clair : un gros acheteur dit manquer d’offre. Pour l’investisseur européen, rappelons que SpaceX (SPCX) n’est pas éligible au PEA. L’accès passe par un compte-titres ou par des ETF qui détiennent le titre, comme ceux qui suivent le Nasdaq-100.

L’action a clôturé à 147,79 $ avant les résultats puis gagné environ 8 % en après-Bourse, à 159,79 $ (Benzinga). Elle reste sous son pic de juin (225,64 $).

Sources :

Tesla et SpaceX : deux comités spéciaux examinent la fusion

La rumeur devient un dossier officiel. Pendant la conférence sur les résultats de SpaceX, Elon Musk a déclaré qu’il soutiendrait un rapprochement avec Tesla. Il a parlé d’« une bonne idée ».

L’essentiel :

  • Des comités spéciaux d’administrateurs indépendants existent chez Tesla et chez SpaceX (Euronews/AFP, Simply Wall St).
  • Musk dit ne pas pouvoir y participer, en raison d’un conflit d’intérêts.
  • Aucune condition n’est fixée : ni structure, ni parité d’échange, ni prix.
  • Un accord devrait obtenir la majorité de l’ensemble des actions Tesla, pas seulement des votes exprimés.

Ce qui a changé depuis nos dernières éditions

Jusqu’ici, la fusion était une hypothèse relayée par des analystes. En octobre, Barclays évoquait une annonce possible avant l’assemblée générale de Tesla. Nous avions aussi noté que les marchés de prédiction baissaient leurs probabilités. Cette fois, le dirigeant confirme publiquement l’existence de discussions et de comités. Il a décrit le sujet comme « tap dancing through a minefield » (danser dans un champ de mines). Il a aussi prévenu qu’il serait faux de traiter la fusion comme acquise.

Il met en avant des synergies possibles : logiciels d’IA, conception de puces, robotique et calcul dans l’espace. Ce sont des arguments de dirigeant, pas des résultats chiffrés.

Le vrai verrou : la gouvernance

Musk détenait 48,4 % de SpaceX au 30 juin et contrôle plus de 82 % des droits de vote grâce à des actions à droits renforcés. Il possède environ 20 % de Tesla. Il a lui-même qualifié d’obstacle « assez élevé » l’exigence de majorité de toutes les actions Tesla. L’assemblée générale de Tesla est prévue le 3 décembre, selon Simply Wall St, mais aucune date de vote sur la fusion n’est annoncée.

Pour un actionnaire européen, deux points comptent. Tesla comme SpaceX ne sont pas éligibles au PEA. Et une éventuelle fusion changerait la nature du titre : un constructeur automobile fusionné avec un lanceur de fusées et un fournisseur de calcul IA.

Rien n’est signé et rien n’est déposé. Il s’agit d’une étude par des comités, pas d’une offre.

Sources :

Anthropic : 80,7 Md$ de perte au premier semestre, une perte surtout comptable

Le brouillon du dossier d’introduction en Bourse d’Anthropic, vu par le Wall Street Journal, révèle une perte nette de 80,7 Md$ sur les six premiers mois de 2026. Le chiffre est spectaculaire, mais sa nature compte plus que son montant.

L’essentiel :

  • Perte nette de 80,7 Md$ au S1 2026, dont environ 72 Md$ liés à des ajustements comptables sur des titres convertibles et autres instruments financiers.
  • Chiffre d’affaires de 16,3 Md$, contre 1,1 Md$ un an plus tôt.
  • Dépenses de calcul et d’infrastructure : près de 9 Md$ au semestre, plus que les 7,3 Md$ de toute l’année 2025.
  • Valorisation visée pour l’IPO : environ 2 000 Md$ (selon la presse, pas une annonce d’Anthropic).

Pourquoi la perte est surtout « sur le papier »

D’après le WSJ, repris par ANI, la perte reflète surtout des écritures liées à la valeur de titres convertibles. Quand la valeur de la société monte, ces dettes « coûtent » plus cher dans les comptes, sans sortie d’argent immédiate. Le brouillon ne donne pas de chiffre de consommation de trésorerie : la perte ne doit donc pas être lue comme de l’argent dépensé. Le même mécanisme expliquait déjà, d’après Reuters, une grande partie de la perte de 42 Md$ de 2025.

Le chiffre d’affaires, lui, est réel : il s’accélère, mais environ un cinquième vient de deux clients seulement.

Le vrai sujet : la facture de calcul

Les engagements d’infrastructure pourraient dépasser 600 Md$, avec jusqu’à 150 Md$ de contrats en discussion en plus. On y trouve environ 450 Md$ de contrats cloud sur 7 à 10 ans, en grande partie non résiliables : 111 Md$ avec Google Cloud, 110 Md$ avec AWS, 31 Md$ avec Microsoft. S’y ajoutent jusqu’à 86 Md$ de location de puces Nvidia via Nscale et Lambda, et plus de 160 Md$ de puces Google via Broadcom. Ce sont des engagements de long terme, dont certains restent à signer.

Pour la chaîne des puces et du cloud, ce carnet de commandes est un soutien. Pour un futur actionnaire, c’est un risque : si les revenus ne suivent pas, ces contrats pèsent. L’introduction pourrait avoir lieu dès mi-novembre, selon la presse. Les chiffres viennent d’un brouillon confidentiel et n’ont pas été vérifiés dans un document public.

Sources :

OpenAI accélère sa levée de 30 Md$ avant l’IPO d’Anthropic

OpenAI veut sécuriser de l’argent frais avant que son rival Anthropic n’entre en Bourse. Selon Reuters, la société cherche environ 30 Md$ à une valorisation supérieure à 1 400 Md$.

L’essentiel :

  • Levée visée : environ 30 Md$, valorisation de plus de 1 400 Md$ (contre 852 Md$ en mars).
  • SoftBank, MGX (Abou Dhabi) et d’autres actionnaires actuels négocient, rien n’est finalisé.
  • OpenAI vise une IPO en 2027 ; Sam Altman a exclu 2026.
  • Anthropic viserait une cotation dès mi-novembre.

Ce qui change depuis nos dernières éditions

Le montant et la valorisation circulaient déjà depuis fin septembre (Bloomberg). La nouveauté, rapportée par Reuters le 19 octobre, tient au calendrier : OpenAI chercherait à boucler le tour avant la cotation d’Anthropic. Des investisseurs y voient une façon de réserver des capitaux qui iraient sinon vers l’introduction du concurrent. Cette lecture est une interprétation d’investisseurs, pas une position d’OpenAI.

Pourquoi se presser

Deux raisons sont citées. D’abord, financer des engagements d’infrastructure énormes. Ensuite, renforcer le bilan si les marchés d’introduction se dégradaient et retardaient la cotation prévue l’an prochain. OpenAI aurait déposé un dossier confidentiel en juin.

Le contraste est net : Anthropic a publié, via son brouillon, des chiffres semestriels (voir notre analyse du jour), alors qu’OpenAI reste privé. Les deux ne comptent pas leurs revenus de la même façon, à cause des parts reversées aux partenaires cloud : les comparaisons de chiffre d’affaires sont donc délicates.

Pour un investisseur européen, aucune de ces sociétés n’est accessible en direct aujourd’hui. Leur arrivée en Bourse passerait par le marché américain, hors PEA.

Une levée de cette taille resterait un tour privé : elle ne donne aucun accès au grand public.

Sources :

Unitree : le robot humanoïde chinois rebondit après son plus bas

L’action Unitree, le fabricant chinois de robots humanoïdes coté à Shanghai, a fortement rebondi le 19 octobre, quelques jours après avoir touché son plus bas depuis l’introduction.

L’essentiel :

  • Le 19 octobre, le titre gagne 16,15 % à 495,92 yuans (Humanoids Daily).
  • Le 15 octobre, il avait clôturé à 405,10 yuans, son plus bas depuis la cotation (Tonghuashun via BigGo).
  • Capitalisation d’environ 190 Md de yuans, soit environ 28,6 Md$.
  • Une conférence partenaires est prévue à Hangzhou le 22 octobre.

Un titre encore loin de ses sommets

Unitree est entrée sur le marché STAR de Shanghai le 19 août, avec un prix d’introduction de 150,8 yuans. Le premier jour, le titre a atteint 1 100 yuans en séance, soit plus de sept fois le prix d’introduction (SCMP, Caixin). Il a ensuite perdu environ la moitié de son sommet. Le plus bas du 15 octobre représente encore environ 2,7 fois le prix d’introduction, mais environ 63 % sous le pic.

Le rebond du 19 octobre est lié à un signal politique : Pékin soutient l’arrivée de l’IA incarnée (des robots dotés d’IA) dans le commerce du quotidien, selon Humanoids Daily. D’autres valeurs du secteur ont aussi grimpé, certaines jusqu’à la limite quotidienne.

Ce que disent les fondamentaux

En 2025, Unitree a réalisé 1,70 Md de yuans de chiffre d’affaires (environ 252 M$), contre 393 M de yuans en 2024. Elle a livré plus de 5 500 humanoïdes, qui pèsent 52 % des ventes (Caixin, Yicai). Le profit existe, mais les multiples de valorisation restent très élevés, ce qui alimente un débat sur une possible bulle (SCMP).

Côté investisseur européen, ce titre se négocie en Chine continentale : l’accès direct est limité, et il n’entre pas dans un PEA. Les ETF robotique UCITS qui l’incluent restent une voie à vérifier au cas par cas.

Le 22 octobre donnera des éléments sur les produits et les partenaires. Tant que des contrats commerciaux ne confirment pas la demande, le titre dépend surtout de l’humeur du marché et des annonces de politique publique.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mercredi 21 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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