L’actu IA, décryptée en une minute chrono

La Minute IA

Trading & Bourse · 11 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : Anthropic dévoile ses comptes, Unitree et Microsoft

Anthropic a publié son dossier d’introduction en Bourse : revenus en forte hausse, perte comptable record. Autour, Unitree s’emballe, TSMC pourrait relever ses tarifs et Microsoft propose des départs volontaires.

Marchés IA : Anthropic dévoile ses comptes, Unitree et Microsoft

Anthropic a publié son dossier d’introduction en Bourse : revenus en forte hausse, perte comptable record. Autour, Unitree s’emballe, TSMC pourrait relever ses tarifs et Microsoft propose des départs volontaires.

Anthropic ouvre ses comptes : 16,3 Md$ de revenus, 80,7 Md$ de perte

Anthropic a rendu public son dossier d’introduction en Bourse le 26 octobre. On y découvre des revenus qui explosent et une perte nette record, presque entièrement comptable.

L’essentiel :

  • Revenus du 1er semestre 2026 : 16,3 Md$, contre 1,16 Md$ un an plus tôt (selon Fortune et TheWrap, d’après le dossier déposé à la SEC).
  • Perte nette : 80,7 Md$, dont environ 72,4 Md$ viennent d’une charge comptable liée à la hausse de valeur d’obligations convertibles.
  • Perte d’exploitation : 693 M$ (contre 2,1 Md$ un an plus tôt). Hors rémunération en actions et quelques éléments, la société se dit bénéficiaire de 1,6 Md$.
  • Cotation prévue au Nasdaq sous le symbole « ANT ». Le prix et le nombre d’actions ne sont pas encore fixés.

Ce que disent les chiffres

La perte de 80,7 Md$ fait la une, mais l’essentiel est un effet de comptabilité. Quand la valeur d’Anthropic monte, les obligations convertibles émises plus tôt valent plus cher à rembourser en actions. La norme comptable oblige à l’inscrire en perte, sans qu’un dollar sorte de la caisse. Le flux de trésorerie d’exploitation du semestre est d’ailleurs positif : 3,9 Md$ (Fortune).

Le dossier détaille aussi l’efficacité du calcul. Au 2e trimestre, Anthropic a dépensé 5,6 Md$ en puissance de calcul pour 11,6 Md$ de revenus, soit 2,08 $ de revenus par dollar de calcul (Fortune). C’est l’un des chiffres que les investisseurs scrutent : il dit si la croissance paie ses propres machines.

Les risques mis en avant

Le chapitre des risques fait environ 94 pages sur plus de 300. Les cinq premiers clients pèsent environ 25 % des revenus sur neuf mois, et près de la moitié des revenus passe par les places de marché cloud d’Amazon, Google et Microsoft. Anthropic estime aussi que 5 % à 7 % de ses revenus de l’année viennent de clients qui ont ensuite enfreint ses règles d’usage.

Côté gouvernance, une action spéciale de classe F donne aux sept cofondateurs 50,1 % des droits de vote. Chacun s’engage à donner 80 % de ses titres à des causes philanthropiques. Fortune évoque une cotation la semaine de Thanksgiving, et la presse une valorisation visée de 1 500 à 2 000 Md$ : ce sont des informations de presse, pas des données du dossier.

Pont tech → Bourse

Pour un épargnant européen, l’accès passera par un courtier donnant accès au Nasdaq. Une société américaine n’est en règle générale pas éligible au PEA : seul le compte-titres ordinaire est concerné. Rien de tout cela n’est une recommandation : les chiffres décrivent une société, pas un prix.

Sources :

Anthropic et ses 518 Md$ de calcul : ce que le dossier change pour SpaceX

Le dossier d’Anthropic chiffre ses engagements de calcul. Le fournisseur le plus surveillé en Bourse est SpaceX, déjà coté, dont l’activité IA loue de la puissance à Anthropic.

L’essentiel :

  • Anthropic prévoit au moins 518 Md$ de dépenses d’infrastructure sur dix ans avec six partenaires (investinglive, d’après Reuters).
  • Amazon : au moins 110 Md$ entre mai 2026 et avril 2036, quelle que soit l’utilisation réelle (dossier SEC).
  • Google : 111,1 Md$ et Microsoft : 31,4 Md$ selon les chiffres rapportés par Reuters.
  • SpaceX : jusqu’à 120,5 Md$ selon CryptoBriefing, qui cite le dossier. Je n’ai pas pu vérifier ce chiffre dans le texte du dépôt.

Ce qui a changé depuis notre dernière édition

Nous avions signalé un contrat avec SpaceX à environ 1,25 Md$ par mois pour le site Colossus. Le dossier d’Anthropic donne une vue plus large. Selon CryptoBriefing, les paiements atteindraient environ 3,1 Md$ par mois une fois toute la capacité livrée, attendue en décembre 2026. Les contrats couvrent des puces Nvidia jusqu’en 2029.

Le point clé est la durée. Selon la même source, les périodes initiales non résiliables s’achèvent en janvier et mars 2027. Ensuite, chaque partie peut résilier avec 90 jours de préavis. Chez Amazon, l’engagement est au contraire non résiliable, sauf faute grave non corrigée d’Amazon (dossier SEC). La souplesse n’est donc pas la même selon le fournisseur.

Pont tech → Bourse

Pour SpaceX, un locataire de cette taille pèse lourd. Le groupe a déjà indiqué que son pôle IA dépassait Starlink en revenus au 3e trimestre. Mais une clause de sortie à 90 jours signifie que ce revenu dépend de la bonne santé d’Anthropic, elle-même liée à la réussite de son introduction en Bourse. Le risque de concentration existe des deux côtés.

Côté européen, SpaceX comme Anthropic seront des titres américains : ni l’un ni l’autre n’est éligible au PEA. Les ETF qui détiennent SpaceX via le Nasdaq-100 offrent une exposition indirecte, mais ces mouvements restent des faits à suivre, pas des signaux.

Prochains rendez-vous : le fixage du prix d’Anthropic, puis la capacité réellement livrée à Colossus d’ici décembre.

Sources :

Unitree : +65 % en sept séances, puis un avertissement de la société elle-même

Le fabricant chinois de robots humanoïdes Unitree s’est envolé après une double hausse de note de JPMorgan. Dans la foulée, la société a publié une alerte sur sa propre valorisation.

L’essentiel :

  • L’action a gagné plus de 65 % en sept séances, avec un plus haut de séance à 737,5 yuans le 26 octobre (Caixin).
  • JPMorgan est passé de « sous-pondérer » à « surpondérer », objectif de 995 yuans pour décembre 2027.
  • Unitree prévient que son ratio cours/bénéfices atteint 465,2, contre 38,5 en moyenne pour son secteur.
  • Le blocage des actions des actionnaires d’avant l’IPO prend fin en août 2027.

Ce qui a changé depuis notre dernière édition

Nous avions couvert la hausse de note de JPMorgan. La nouveauté, c’est la réaction de la société. Après la séance du 26 octobre, elle a publié une alerte sur la volatilité du titre : l’écart de cours cumulé sur trois séances a atteint 30,5 %. Elle reconnaît aussi des obstacles pour commercialiser ses robots (Caixin).

Les flux du jour sont partagés. Deux sièges institutionnels ont acheté pour 249 M de yuans nets, tandis que les cinq plus gros vendeurs ont cédé pour 816 M de yuans, dont des intermédiaires liés à CICC, Goldman Sachs et GF Securities (Caixin). Le fondateur Wang Xingxing affirme produire des dizaines de milliers de robots par an et voit une demande potentielle de 10 millions d’unités : c’est son estimation, pas un chiffre vérifié.

Pont tech → Bourse

Unitree est entrée au STAR Market de Shanghai le 19 août, au prix de 150,80 yuans, et a ouvert à 1 100 yuans. Le titre a depuis beaucoup oscillé. DeepSeek, actionnaire, s’est engagé sur un blocage de 36 mois, plus long que les 12 mois habituels.

Un contraste utile : Tesla a confirmé le 21 octobre avoir lancé une « production précoce » d’Optimus à Fremont, avec un rythme de 20 000 robots par semaine visé dans au moins un an, et des livraisons externes vers fin 2027 (transcription de l’appel). La montée en cadence sera « un peu chaotique », selon Elon Musk. Les deux sociétés vendent la même promesse : des robots produits en grande série, mais dans les deux cas les volumes restent à prouver.

Pour un épargnant européen, Unitree est cotée à Shanghai : en tant que société chinoise, elle n’entre pas dans un PEA. Des ETF thématiques robotique existent en Europe, mais c’est un sujet à examiner séparément.

Sources :

TSMC : l’emballage avancé des puces IA pourrait coûter 10 à 20 % de plus

Selon un journal taïwanais, TSMC s’apprête à relever ses prix d’emballage avancé. C’est une information de presse, que TSMC n’a pas confirmée.

L’essentiel :

  • Selon la Commercial Times, relayée par Investing.com le 27 octobre, TSMC se prépare à augmenter ses tarifs d’emballage avancé.
  • Fonderies et sous-traitants d’assemblage et de test préparent des hausses de 10 % à 20 % sur le procédé CoWoS.
  • Les délais de livraison des équipements passent de 3-6 mois à 6-8 mois.
  • Date d’application et clients concernés : non précisés.

Pourquoi l’emballage compte

Le CoWoS est la technique qui assemble sur une même plaquette la puce de calcul et sa mémoire. Les puces IA haut de gamme en ont besoin. C’est un goulet d’étranglement connu : quand la demande dépasse la capacité, les prix montent.

La demande ne vient plus seulement des GPU. Selon le même article, les processeurs serveurs et les puces sur mesure (ASIC) en consomment aussi, et les tests plus longs des puces IA pèsent sur la capacité. Des analystes cités par le journal estiment la capacité CoWoS à plus de 130 000 plaquettes par mois en 2026 et 200 000 en 2027.

Ce qui a changé depuis notre dernière édition

Nous avions couvert une hausse de 5 à 10 % sur les prix de base pour 2027, et la prime sur le calcul haute performance. Ici, il s’agit d’une autre étape de la chaîne, l’assemblage. Les fonderies seraient concernées au même titre que leurs sous-traitants, ce qui suggère un mouvement d’ensemble plutôt qu’un cas isolé.

Pont tech → Bourse

Des coûts d’emballage plus élevés se répercutent sur les clients : Nvidia, AMD, les fabricants de puces maison. Ils peuvent soit absorber la hausse dans leurs marges, soit la transmettre. Aucun chiffre officiel ne permet encore de le dire.

Côté européen, TSMC est accessible par son ADR américain ou via des ETF semi-conducteurs UCITS. Le titre est aussi coté à Taïwan. À surveiller : une confirmation de TSMC ou de ses clients, et les marges du prochain trimestre.

Sources :

Microsoft propose des départs volontaires à environ 60 000 salariés

Microsoft a annoncé le 26 octobre une offre de départ volontaire pour environ 60 000 personnes, soit 27 % de ses effectifs. L’entreprise dit vouloir maîtriser ses coûts pendant qu’elle investit des milliards dans l’IA.

L’essentiel :

  • Environ 60 000 salariés sont concernés, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Inde (Fortune).
  • Réponse attendue la première semaine de décembre ; les départs auraient lieu le 31 décembre.
  • Aux États-Unis, l’indemnité minimale est de huit semaines de salaire, avec maintien des actions, de la santé et d’un accompagnement.
  • Microsoft publie ses résultats trimestriels mercredi 28 octobre.

Une offre, pas un licenciement

Il s’agit d’un départ volontaire : personne n’est obligé de partir. Microsoft cite d’autres entreprises ayant lancé des programmes proches, avec 3 % à 5 % d’acceptation (Fortune). Si le même taux s’appliquait, cela ferait entre 1 800 et 3 000 départs : ce calcul est le nôtre, pas celui de Microsoft. La directrice des ressources humaines, Amy Coleman, parle d’aller plus vite et de simplifier l’organisation.

Un programme comparable, le premier de l’histoire du groupe, avait déjà visé des employés de longue date aux États-Unis au printemps. Cette nouvelle vague est beaucoup plus large.

Pont tech → Bourse

Le contexte est l’investissement. Les dépenses d’équipement de Microsoft ont atteint 41 Md$ pour le trimestre clos en juin, avec 145,3 Md$ attendus sur l’exercice 2026 (Fortune). L’action avait gagné environ 25 % en six mois avant l’annonce, qui n’a pas fait l’objet d’une réaction rapportée à ce stade.

Mercredi, les investisseurs regarderont les dépenses d’équipement et la croissance du cloud Azure. L’offre de départ y sera sans doute commentée, notamment ses coûts de restructuration. Rien n’est acquis : ce sont des points d’attention, pas des prévisions.

Microsoft est une société américaine, non éligible au PEA. Elle est présente dans de nombreux ETF mondiaux UCITS.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mardi 27 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

À lire aussi