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Trading & Bourse · 13 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : Microsoft et Alphabet, Anthropic, FCC–Starlink

Microsoft et Alphabet ont publié des comptes proches mais des réactions opposées. Anthropic voit son financement passer sous la loupe, avant une cotation encore sans prix.

Marchés IA : Microsoft et Alphabet, Anthropic, FCC–Starlink

Microsoft et Alphabet ont publié des comptes proches mais des réactions opposées. Anthropic voit son financement passer sous la loupe, avant une cotation encore sans prix.

Microsoft et Alphabet : même addition, deux accueils opposés

Les deux géants ont publié leurs comptes le 28 octobre. Tous deux investissent des sommes record dans l’IA. Mais la Bourse a récompensé l’un après la clôture et sanctionné l’autre.

L’essentiel :

  • Microsoft : chiffre d’affaires de 92,3 Md$ (+19 %), Azure en hausse de 48 %, selon le communiqué du groupe.
  • Alphabet : cloud à 30,7 Md$, plus du double d’il y a un an, mais cash-flow libre négatif de 9,1 Md$ (Fortune).
  • Après la clôture, Microsoft gagnait environ 4 % ; Alphabet reculait de plus de 11 % (CNBC, Fortune).
  • Des livraisons de capacité chez des fournisseurs tiers ont pris du retard, ce qui a pesé sur CoreWeave et Nebius.

Microsoft : le cloud accélère, une partie de la capacité attendue manque

Le cloud de Microsoft a rapporté 63,9 Md$ sur le trimestre (+30 %). Azure, sa plateforme de cloud, progresse de 48 %, contre 42 % le trimestre précédent. Les contrats signés mais pas encore facturés atteignent 677 Md$ (+73 %).

Côté dépenses, le groupe a investi 45,2 Md$ (leasing inclus), selon les comptes rendus de l’appel. Il visait plus de 50 Md$. La directrice financière Amy Hood a expliqué que « certaines livraisons de capacité de tiers attendues au premier trimestre ont été retardées ». Traduction : des centres de données loués à des partenaires ne sont pas arrivés à temps.

Les sources divergent sur la période exacte, mais convergent sur un budget d’environ 170 Md$, un peu en dessous des 175 Md$ évoqués en juillet. Microsoft dit rester positif en cash-flow libre.

Pour la Bourse, le message est double. Le cloud tient. Mais les sociétés qui louent de la puissance à Microsoft, les « néoclouds », en pâtissent : CoreWeave a perdu environ 5,8 % et Nebius 6,3 % (Stocktwits).

Alphabet : un cloud qui double, une facture qui inquiète

Chez Google, le cloud a dépassé 30 Md$ de ventes, avec une marge de 36,2 %. Les dépenses d’investissement du trimestre ont grimpé à 51,4 Md$, contre 24 Md$ un an plus tôt. Le groupe maintient environ 200 Md$ pour 2026. Fortune rapporte qu’elles pourraient monter vers 300 Md$ en 2027, avec plus de détails au quatrième trimestre.

Le bénéfice par action ressort à 2,12 $ contre 2,87 $ un an plus tôt. Une perte comptable de 8,7 Md$ sur des participations en est en partie responsable. Un analyste cité par Fortune y voit l’effet de la participation d’Alphabet dans SpaceX et parle de « bruit comptable » ; Alphabet ne l’a pas confirmé dans les pages consultées.

La recherche Google progresse de 12 %, sous les 15 % attendus par les analystes. Fortune rappelle aussi que le groupe a levé 84,8 Md$ en juin pour financer ses investissements.

Pour un investisseur européen, ces deux titres s’achètent via un compte-titres. Ils ne sont pas éligibles au PEA. Les fonds UCITS qui suivent le Nasdaq 100 ou le MSCI World en détiennent une part.

Sources :

Anthropic : le financement des centres de données devient le sujet de l’IPO

Le dossier public d’introduction en Bourse d’Anthropic est connu depuis le 26 octobre. Depuis, la presse financière se penche moins sur le chiffre d’affaires que sur la manière dont l’entreprise paie sa puissance de calcul.

L’essentiel :

  • Broadcom peut prêter jusqu’à 42 Md$ à Anthropic via des obligations convertibles, selon le prospectus cité par Reuters.
  • Aucune de ces obligations n’était émise début août, et Anthropic dit n’en attendre aucune avant son introduction.
  • Un projet de campus texan lié à Anthropic cherche environ 15 Md$ de financement (CNBC, via LetsDataScience).
  • Le prix et le nombre d’actions ne sont pas fixés. Rien n’est acquis sur la date.

Broadcom, à la fois fournisseur, loueur et prêteur

Les puces TPU qu’Anthropic loue sont conçues avec Broadcom. D’après le prospectus, Broadcom s’est engagé à prêter jusqu’à 42 Md$, soit environ un tiers d’un engagement de 125,2 Md$ sur cinq ans pour de la capacité de calcul. Les obligations pourraient se convertir en actions Anthropic. Leur produit serait réservé aux loyers de TPU.

Le dossier signale lui-même des « conflits d’intérêts potentiels » : Broadcom influence les prix et le matériel, donc l’accès d’Anthropic au calcul. Conditions de conversion, prix et montant réellement tiré ne sont pas publics.

Le maillon des centres de données

Le calcul se loge dans des bâtiments, et ceux-ci se financent à part. Nexus Data Centers cherche environ 15 Md$ pour un campus à Hubbard (Texas) lié à Anthropic. CNBC rapporte que Morgan Stanley mène les discussions et que Google apporterait sa signature de crédit en garantie. Rien n’est conclu à ce stade de ces sources.

Un titre de Bloomberg du 28 octobre indique que des banques ont mis de côté une émission obligataire pour un centre de données texan lié à Anthropic. Nous n’avons pas pu lire l’article : le lien avec le projet de Hubbard n’est pas établi.

Autres signaux du jour, d’après leurs titres seulement : la sénatrice Elizabeth Warren s’interroge sur la sécurité de l’IA et les risques de marché de l’opération (CFO Dive). CNBC souligne que le statut de société d’intérêt public crée des risques inhabituels pour les actionnaires. The Motley Fool évoque un début de commercialisation la semaine du 9 novembre.

Pour un épargnant européen, l’accès dépendra du courtier. Un titre Bloomberg parle d’un angle « investisseurs en Asie ». Nous n’avons pas trouvé de précision sur l’accès par un PEA. Anthropic n’est pas un titre éligible à ce stade.

Sources :

Le 29 octobre, la FCC, le régulateur américain des télécoms, vote sur l’ouverture de fréquences supplémentaires aux services « direct-to-device », c’est-à-dire du satellite qui parle directement aux téléphones. Les trois grands opérateurs américains tentent d’en réduire la portée.

L’essentiel :

  • La proposition ajouterait 482 MHz de fréquences, ce qui porterait les bandes éligibles de 5 à 13 (Tech-insider).
  • AT&T, Verizon et T-Mobile, via leur association CTIA, veulent retirer deux bandes, soit 290 MHz sur 482.
  • Il s’agit d’un projet de règle : le vote ouvre une consultation, il n’autorise pas encore Starlink Mobile à émettre dans ces bandes.
  • Un titre de Yahoo Finance indique que le patron de T-Mobile rejette à nouveau un accord de réseau mobile avec SpaceX.

Pourquoi les opérateurs s’inquiètent

Aujourd’hui, un opérateur de satellites doit louer ses fréquences aux opérateurs mobiles. Le texte supprimerait cette obligation. À la place, il faudrait prouver des accords de cohabitation ou détenir la licence terrestre. Pour SpaceX, c’est la porte d’entrée vers un service mobile indépendant.

Les opérateurs affirment que 300 millions d’utilisateurs dépendent des bandes 2,5 GHz et 3,45 GHz, et que des opérations satellite y seraient irréalisables techniquement. Ce sont leurs arguments, pas des faits établis. SpaceX a demandé le 23 octobre d’ajouter la bande 902-928 MHz.

Le lien avec la Bourse

Le titre SpaceX (SPCX) a reculé dans la nuit, selon Yahoo Finance, après le refus de T-Mobile. La presse financière voit aussi dans SpaceX un nouveau facteur pour les résultats des télécoms (Broadband Breakfast).

Rappel : fin octobre, des médias rapportaient que SpaceX discutait l’accès à des dizaines de milliers de tours d’antennes. Rien n’est signé ni confirmé. Nous ne revenons pas sur ce point.

Ce qu’il faut suivre : le résultat du vote, le nombre de bandes réellement retenues et la durée de la consultation. Pour les Européens, SpaceX se négocie en dollars sur un compte-titres ; il n’est pas éligible au PEA.

Sources :

OpenAI et les TPU de Google : un test pour la domination de Nvidia

Selon The Information, OpenAI compterait acheter des puces TPU à Google, au lieu de se contenter d’en louer. Aucune des deux entreprises n’a confirmé. La Bourse a haussé les épaules.

L’essentiel :

  • Le rapport date du 27 octobre et repose sur une personne anonyme.
  • Prix, nombre de puces et calendrier ne sont pas connus.
  • Nvidia cotait autour de 218 $ le 28 octobre, environ 9 % sous son record de 239,24 $ du 6 octobre.
  • Jensen Huang avait dit qu’OpenAI s’était engagé à environ 600 Md$ de serveurs Nvidia d’ici 2030.

Louer, puis acheter : ce que ça change

En juin 2025, la presse rapportait qu’OpenAI testait des TPU loués via le cloud de Google. Acheter des puces change la nature du lien : OpenAI en deviendrait propriétaire. Un petit achat serait surtout un signal stratégique. Un déploiement de plusieurs gigawatts serait bien plus difficile à ignorer pour Nvidia, selon les analyses relayées.

Une autre étude, citée par The Decoder, estime qu’OpenAI aurait obtenu environ 30 % de remise sur ses puces Nvidia en menaçant de passer aux TPU. Cette donnée vient d’un seul cabinet et n’est pas confirmée.

Le pont vers les marchés

Pour Nvidia, le risque n’est pas d’abord de perdre des ventes demain. C’est que ses plus gros clients bâtissent des solutions de rechange crédibles. Cela peut peser sur ses prix à terme.

Pour Alphabet, la vente de systèmes TPU contribue déjà aux revenus du cloud (voir notre analyse du jour sur les résultats). Oracle prévoit aussi de proposer des TPU. Alphabet recule pourtant en Bourse à cause de ses dépenses.

Nvidia se négocie sur un compte-titres, sans PEA. Côté UCITS, les ETF semi-conducteurs et Nasdaq 100 donnent une exposition indirecte aux deux groupes.

Sources :

Unitree : premiers comptes depuis l’IPO, ventes en hausse, bénéfice en baisse

Le fabricant chinois de robots humanoïdes a publié le 28 octobre ses premiers résultats depuis son entrée à la Bourse de Shanghai (STAR Market) en août. Le titre avait gagné 65 % en sept séances avant l’annonce, et la société avait elle-même alerté sur ce cours.

L’essentiel :

  • Troisième trimestre : chiffre d’affaires de 665 M de yuans, en hausse de 69,93 %.
  • Bénéfice net de 113 M de yuans, en baisse de 17,37 %.
  • Sur neuf mois : ventes de 1,817 Md de yuans (+55,71 %).
  • Les dépenses de recherche explosent : +249,6 % au trimestre.

Des ventes qui montent, des marges qui reculent

Sur le trimestre, la recherche et développement atteint 127 M de yuans, soit environ 19 % des ventes. Les frais de vente pèsent aussi : 12,65 % du chiffre d’affaires sur neuf mois, contre 6,51 % un an plus tôt.

Sur neuf mois, le bénéfice net affiche +270 % à 387 M de yuans. L’écart avec le trimestre vient d’une charge exceptionnelle de rémunération en actions l’an dernier. Hors éléments non récurrents, le bénéfice recule de 18,78 % à 349 M de yuans.

Finimize rapporte que le bénéfice du trimestre est resté bien sous la prévision des analystes, à 224 M de yuans. Unitree explique sa trajectoire par ses investissements dans l’IA incarnée, c’est-à-dire des robots qui agissent dans le monde réel.

Ce que ça dit du secteur

La question pour les investisseurs est simple : les ventes croissent vite, mais le profit suit-il ? Pour les robots humanoïdes, les volumes se construisent encore avec des dépenses lourdes.

Rappel d’une édition précédente : le titre se paie très cher par rapport à ses bénéfices, et les actions de DeepSeek restent bloquées trente-six mois. Ces faits sont déjà couverts ; seul le trimestre est nouveau.

Pour un épargnant européen, l’accès passe par des ETF thématiques robotique. Un fonds coté à Londres, au format UCITS, existe. L’action Unitree elle-même n’est pas accessible simplement depuis un PEA.

Sources :

Actions tokenisées : 33 entreprises disent non à OKX et ICE

Début octobre, OKX et ICE (la maison mère du NYSE) ont déposé un projet de plateforme où se négocieraient des versions « tokenisées » d’actions américaines, 24 heures sur 24. Depuis, de grands noms refusent d’y figurer.

L’essentiel :

  • 33 objections au total d’après CryptoBriefing (28 octobre). CoinDesk en comptait 22 le 24 octobre.
  • Parmi elles : JPMorgan, Coca-Cola, Dell, Adobe, AMD, Microsoft, Alphabet et Goldman Sachs.
  • Un refus bloque l’action uniquement sur cette plateforme, pas la tokenisation en général.
  • La liste de départ comptait 62 sociétés.

Comment ça marche

Une action tokenisée est une version numérique d’une action, échangée sur une blockchain. L’exemption d’innovation de la SEC, valable cinq ans, laisse l’émetteur décider. La plateforme doit prévenir les sociétés, qui ont 30 jours pour refuser. Plusieurs mises à jour de l’avis ont, de fait, allongé ce délai.

Les entreprises ne motivent pas leur refus dans les documents. Les commentaires évoquent l’effet sur le cours et la liquidité, et le risque de confusion pour les investisseurs. Il s’agit d’interprétations, pas de déclarations officielles.

Un décompte qui n’est pas net

Les chiffres ne se recoupent pas. CoinDesk note que Wells Fargo, Arm et Cerebras ne figuraient pas sur la liste initiale. On ne peut donc pas dire que les 33 refus sont tous des sorties de la sélection de départ. CryptoBriefing parle de plus de la moitié des 62 sociétés, ce qui suppose le contraire.

CryptoBriefing estime la valeur boursière cumulée des objecteurs à environ 17 000 Md$, selon sa propre source. Nous ne l’avons pas vérifiée.

Et pour un Européen ?

Les pages consultées ne disent pas si la plateforme sera ouverte hors des États-Unis. Elle n’est pas conçue pour un PEA. Les actions classiques, elles, restent accessibles par un courtier habituel ou par des ETF UCITS.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au jeudi 29 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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