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Trading & Bourse · 8 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : AMD, puces Nvidia en Chine, dossier Anthropic

AMD vise 17 Md$ de ventes fin 2026 grâce aux puces IA. Pendant ce temps, Washington serre la vis sur la Chine, et le dossier d’Anthropic livre ses premières marges.

Marchés IA : AMD, puces Nvidia en Chine, dossier Anthropic

AMD vise 17 Md$ de ventes fin 2026 grâce aux puces IA. Pendant ce temps, Washington serre la vis sur la Chine, et le dossier d’Anthropic livre ses premières marges.

AMD : un trimestre record porté par les puces IA, et 17 Md$ visés fin 2026

AMD a publié le 3 novembre des résultats au-dessus de ses propres prévisions. Le moteur : les centres de données, dont le chiffre d’affaires a presque doublé en un an. Le groupe voit la croissance s’accélérer encore au quatrième trimestre.

L’essentiel :

  • Chiffre d’affaires du T3 : 13,38 Md$ (+45 % sur un an), contre environ 13,1 Md$ attendus par les analystes.
  • Centres de données : 8,55 Md$ (+97 % sur un an, +27 % sur un trimestre).
  • Prévision du T4 : environ 17 Md$, plus ou moins 3 %, au-dessus des 16,2 Md$ du consensus cité par CNBC.
  • Le titre gagne environ 8 % en séance prolongée, après trois jours de baisse.

Ce qui tire les ventes

AMD attribue la hausse à ses processeurs de serveurs EPYC et au lancement des puces IA Instinct MI450. Ces puces sont vendues en « racks » complets baptisés Helios. Selon le communiqué, Anthropic, Meta, Microsoft, OpenAI et Oracle Cloud tournent déjà sur les premiers racks Helios.

À l’inverse, la partie « grand public et jeux » recule : 3,72 Md$ au total, et les jeux chutent de 40 % sur un an, à 773 M$.

La patronne d’AMD, Lisa Su, dit avoir sécurisé les plaquettes, l’emballage et la mémoire pour une croissance « beaucoup plus forte » en 2027. Elle table sur un chiffre d’affaires serveurs qui double sur un an en 2027, selon CNBC. C’est une prévision de l’entreprise, pas un fait.

Les points de vigilance pour un investisseur

La marge brute ajustée de 56 % est solide, mais la prévision de 55 % pour le T4 est légèrement sous la moyenne des analystes (55,3 %, selon CNBC).

Le bénéfice comptable est aussi pesé par une ligne particulière : une variation de valeur de 1,1 Md$ sur des bons de souscription (« warrants ») remis à certains clients. Le communiqué ne nomme pas ces clients. Des médias financiers français la rattachent aux accords avec OpenAI et Meta, ce que les documents lus ne confirment pas. Elle est sans effet sur la trésorerie, mais elle dépend du cours de l’action.

Côté épargnants européens : AMD est une valeur américaine, non éligible au PEA en direct. On la retrouve dans des ETF qui répliquent les indices technologiques américains.

Sources :

Chine et puces IA : Washington resserre l’étau sur le calcul loué

Deux informations de presse du 4 novembre montrent la même chose. Les géants chinois veulent beaucoup de puces Nvidia. Ils risquent d’en recevoir très peu, et la location de puissance à l’étranger se ferme aussi. Ces informations viennent de sources anonymes et ne sont pas confirmées.

L’essentiel :

  • Selon Bloomberg, Alibaba, Tencent, ByteDance et d’autres auraient commandé environ 6 millions de cartes RTX Pro 5500, soit 70 Md$.
  • Ils ne s’attendraient à en recevoir que « quelques dizaines de milliers », environ 1 %, d’ici quatre mois.
  • Selon le Financial Times, Oracle a annulé un contrat de location de puces de 7 Md$ avec Tencent.
  • Le FT dit aussi que Nvidia impose à ses clients cloud de vendre au moins 51 % de leur capacité à des entreprises non chinoises.

Des commandes géantes, des livraisons minuscules

Fin septembre, la presse rapportait que Pékin se préparait à laisser Alibaba et ByteDance acheter la RTX Pro 5500. Les commandes sont maintenant chiffrées. Mais le texte repris par Yahoo Finance est flou : « dix mille puces » ne font pas 1 % de 6 millions. Il manque donc de quoi dire si le 1 % porte sur les unités ou sur la valeur. Nous attendons le texte original de Bloomberg.

La même source relie ce faible volume aux capacités de production de Nvidia, déjà sous tension. Autrement dit : la demande chinoise existe, mais l’offre et les règles limitent ce qui part vraiment.

La location, nouvelle ligne de front

Selon le FT, Oracle avait signé en 2026 un bail de cinq ans donnant à Tencent l’accès à jusqu’à 100 000 puces avancées, dans des centres de données d’Asie du Sud-Est. Le contrat est annulé après des inquiétudes exprimées par des responsables américains à Oracle, d’après deux sources. Tencent aurait aussi été invité par Pékin à chercher des puces chinoises.

Pourquoi c’est important : louer de la puissance hors de Chine était une voie d’accès contournant l’interdiction d’achat direct. Si elle se ferme, la demande se reporte sur les puces locales, comme celles de Huawei.

Aucune des entreprises citées n’a commenté dans les articles lus. Pour l’investisseur européen, ces valeurs sont américaines ou hongkongaises, hors PEA.

Sources :

Anthropic : ce que le dossier d’IPO dit des marges et des clients

Le dossier d’introduction en Bourse d’Anthropic (ticker ANT, Nasdaq) donne enfin des chiffres de rentabilité. Ils racontent une croissance très rapide, avec encore peu de bénéfice comptable.

L’essentiel :

  • Chiffre d’affaires du T3 : près de 17 Md$, +45 % sur le T2, selon Finimize.
  • Marge d’exploitation ajustée de 10 % au premier semestre 2026, mais de -4 % en normes comptables.
  • Environ 132 Md$ de liquidités et de placements avant l’IPO.
  • Aucun courtier coréen ne devrait être dans le syndicat bancaire.

Rentabilité et clients

Selon Finimize, qui a lu le dossier, la marge d’exploitation ajustée atteint 10 % au premier semestre, et Anthropic a dit à ses investisseurs viser 11 % au T3 hors rémunération en actions. En comptabilité classique, la marge reste à -4 %. Le dossier ne donne pas de marge brute dans les extraits que nous avons pu lire.

Côté clients, 79 % du chiffre d’affaires du T3 vient de clients hors du top 5, contre 64 % au T1. Mais environ 20 % viennent de deux clients seulement. Cette dépendance est un risque classique des jeunes champions de l’IA.

La trésorerie compte aussi : 112 Md$ en liquidités fin juin plus 19 Md$ de placements court terme. Une levée proche de 100 Md$ viendrait s’y ajouter. Ces calculs sont ceux de Finimize, pas ceux du groupe.

Accès des particuliers

Un rappel utile pour les épargnants : une action américaine cotée au Nasdaq n’est pas éligible au PEA. L’accès passe par un compte-titres ou par des ETF, si les gérants en ajoutent après la cotation.

Le Korea Herald rapporte qu’aucun courtier coréen ne devrait entrer dans le syndicat. L’affaire SpaceX l’explique : Mirae Asset Securities attendait environ 2,31 millions d’actions, Goldman Sachs ne lui en a alloué aucune, et Mirae a remboursé tous les dépôts. Les allocations dépendent des banques chefs de file. Entrer dans un syndicat ne garantit donc pas d’obtenir des titres.

La valorisation visée serait d’environ 2 000 Md$ selon la presse. Le prix et la fourchette ne sont pas fixés. Finimize juge cette cible plus haute que son propre scénario central (environ 1 200 Md$), une opinion d’analyste.

Sources :

Actions tokenisées : Tesla, SpaceX et Amazon rejoignent les objections

Le projet OKX-ICE de négocier des actions américaines « tokenisées » 24 h/24 se heurte à un mur d’émetteurs. Au 2 novembre, 56 sociétés avaient déclaré leur opposition, dont Tesla, SpaceX et Amazon.

L’essentiel :

  • 56 objections au 2 novembre, contre 50 lors de la mise à jour du 30 octobre, selon CoinDesk.
  • Parmi les 62 sociétés choisies au départ, 49 (environ 79 %) ont objecté, plus 7 hors sélection.
  • Le 2 novembre s’ajoutent Amazon, Tesla, SpaceX, Netflix, SoFi et Lam Research.
  • Aucune date de lancement n’est annoncée.

Comment ça marche

Une action tokenisée est une version numérique d’un titre, échangeable sur une plateforme en ligne. OKXICE, coentreprise d’OKX et d’ICE (la maison mère du NYSE), a notifié 62 sociétés, puis une 63e. Chacune a 30 jours pour refuser d’être listée. L’échéance pour les avis du 4 octobre tombait le 3 novembre. Les plateformes ont jusqu’à cinq jours ouvrés pour publier les refus : la liste peut donc encore grandir.

Un refus bloque l’inscription sur cette plateforme seulement. Il n’empêche pas d’autres acteurs de proposer des produits similaires.

Ce qu’on ne sait pas

CoinDesk ne rapporte aucune raison donnée par Tesla, SpaceX ou les autres. Le seul motif général : les émetteurs hésitent à savoir si ces marchés attireront de nouveaux investisseurs et ce que la négociation hors du marché habituel ferait à leurs actions.

Le co-président d’OKXICE, Andrew Cuomo, a dit que beaucoup de sociétés voulaient d’abord voir comment le marché fonctionne. Il n’a donné ni date de lancement, ni nombre de titres au départ. La SEC n’a pas commenté dans les articles lus.

Pour un épargnant européen, rien n’est encore ouvert, et ces titres ne seraient pas éligibles au PEA.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mercredi 4 novembre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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