Trading & Bourse · 9 min de lecture · Par Mathieu Dugue
Marchés IA : Anthropic dévoile ses comptes, OpenAI lève moins
Anthropic ouvre ses comptes avant son entrée en Bourse, pendant qu’OpenAI réunit bien moins que prévu. Palantir, CoreWeave et SpaceX complètent une journée marquée par la question du prix de l’IA.

Anthropic ouvre ses comptes avant son entrée en Bourse, pendant qu’OpenAI réunit bien moins que prévu. Palantir, CoreWeave et SpaceX complètent une journée marquée par la question du prix de l’IA.
Anthropic ouvre ses comptes : 17 Md$ de ventes, mais la croissance ralentit
Anthropic a mis à jour son dossier d’introduction en Bourse. Les chiffres du troisième trimestre sont là. Ils montrent une entreprise géante, qui grandit moins vite qu’avant.
L’essentiel :
- Chiffre d’affaires du T3 d’environ 17 Md$, soit environ 33,2 Md$ sur neuf mois, selon la presse qui a lu le dossier.
- Engagements d’achat d’environ 895 Md$, presque tous pour du calcul et des data centers.
- Selon le Wall Street Journal, des investisseurs plaident pour une valorisation de 1 500 à 1 600 Md$, plus prudente.
- Aucune fourchette de prix publiée à ce stade dans le dossier, d’après les comptes rendus consultés.
Ce qui a changé depuis notre dernière édition
Nous avions couvert le dépôt du dossier public fin octobre. La nouveauté, ce sont les comptes du T3. Selon The Next Web et Axios, le chiffre d’affaires dépasse 16,8 Md$, contre environ 11,6 Md$ au trimestre précédent. Le rythme de croissance d’un trimestre à l’autre tombe à environ 47 %, d’après les médias qui ont analysé le dossier. Anthropic prévient aussi qu’elle ne s’attend pas à garder des hausses comparables. La trésorerie atteint 131,8 Md$ à fin septembre, selon gHacks.
Le chiffre qui frappe est celui des engagements : près de 895 Md$. Environ 70 Md$ tombent dans les 12 mois suivant le 30 septembre. Pour un investisseur, c’est la question centrale : les ventes pourront-elles couvrir ces factures ?
Le pont vers la Bourse, vu d’Europe
Le prix d’introduction n’est pas fixé. Les investisseurs cités par le WSJ voudraient payer moins cher que les attentes d’il y a quelques semaines. Côté particuliers, le courtier Robinhood demanderait une plus grosse part de l’offre, d’après BeInCrypto. Une offre en Australie est aussi évoquée par Reuters, via CommSec. Pour un Européen, l’accès passera par un courtier qui donne accès au Nasdaq. Rien n’indique pour l’instant une cotation en Europe. Ce texte est informatif : il ne dit pas si l’action est une bonne ou une mauvaise affaire.
Sources :
- The Next Web : amended IPO filing, 17 Md$ de revenus, 895 Md$ d’engagements
- Axios : Anthropic spending commitments
- gHacks : revenus sur neuf mois et engagements de calcul
- Yahoo Finance : Anthropic hit $17 billion in third quarter revenue
- SEC : Anthropic, PBC, Form DRS/A
OpenAI lève bien moins que prévu : environ 11 Md$ sur 30 Md$ visés
Le tour de table d’OpenAI ne se passe pas comme prévu. Selon le Wall Street Journal, environ 11 Md$ sont réunis. L’objectif initial était de 30 Md$.
L’essentiel :
- Environ 11 Md$ obtenus, à une valorisation de 1 250 Md$ (au lieu des 1 400 Md$ visés au départ), d’après le WSJ repris par The Decoder.
- Le Financial Times parle d’un objectif ramené à environ 20 Md$, selon Forbes.
- Un groupe mené par les Émirats, avec MGX, doit conduire le tour, selon CNBC.
- Certains comptes rendus parlent d’engagements, pas d’argent déjà reçu.
Ce qui a changé depuis notre dernière édition
Le 23 octobre, nous racontions une levée de 30 Md$ visée à 1 250 Md$ avant investissement, avec des signatures attendues fin de semaine. Les signatures sont tombées, mais le montant est nettement plus bas. Le WSJ et plusieurs médias l’expliquent par un intérêt tiède de gros investisseurs, dans un contexte de recul des valeurs liées à l’IA. Dataconomy ajoute que les inquiétudes sur les dépenses d’IA ont pesé sur la demande.
Les chiffres divergent selon les sources : 11 Md$ obtenus, 20 Md$ comme nouvel objectif, et une vidéo de CNBC parle encore de 30 Md$. Le montant final n’est pas confirmé par OpenAI.
Pourquoi cela compte pour les marchés
OpenAI n’est pas cotée. Une introduction est évoquée pour 2027. Ce tour sert de baromètre : il dit à quel prix des investisseurs acceptent de financer le secteur. Il arrive juste avant l’entrée en Bourse d’Anthropic, ce qui rend la comparaison inévitable. Un tour plus faible peut aussi peser sur les fournisseurs qui comptent sur les achats d’OpenAI : puces, data centers, électricité.
Pour un épargnant européen, aucune action OpenAI n’est accessible aujourd’hui, ni en direct ni dans un PEA. Seuls des fonds ou ETF exposés à des détenteurs indirects existent, avec une exposition très diluée. Ce texte décrit des faits et des estimations de presse. Il ne prédit rien.
Sources :
- The Decoder : OpenAI raises just $11 billion of its $30 billion target
- Forbes : OpenAI cuts round to $20 billion as UAE investors pair capital with compute
- CNBC : OpenAI deepens Abu Dhabi foothold
- Dataconomy : OpenAI secures $11 billion after cutting funding target
- Tech Startups : OpenAI falls short of $30 billion funding goal
Palantir : des ventes qui explosent, un titre qui recule
Palantir a publié le 2 novembre un troisième trimestre au-dessus des attentes. Pour la première fois, ses ventes aux entreprises américaines dépassent celles aux administrations. Malgré cela, l’action a reculé après la publication.
L’essentiel :
- Chiffre d’affaires du T3 : 2,31 Md$, contre environ 2,18 Md$ attendus par les analystes.
- Ventes commerciales aux États-Unis : 984 M$, en hausse de 148 % sur un an, contre 953 M$ côté gouvernement américain.
- Prévision 2026 relevée à environ 8,53 Md$, soit environ +91 %.
- Le titre baisse malgré tout : les médias financiers citent les inquiétudes sur la valorisation.
Les chiffres derrière le titre
Selon le communiqué déposé à la SEC et les comptes rendus de CNBC et StreetInsider, les revenus commerciaux américains progressent de 29 % sur le trimestre. Ils passent devant le public pour la première fois. C’est un signal : Palantir dépend moins des contrats d’État, longtemps son cœur de métier. La prévision de revenus commerciaux américains pour l’année monte à plus de 3,56 Md$, contre 3,42 Md$ auparavant.
Lors de l’appel aux investisseurs, le patron Alex Karp a dit que la demande est « bien plus grande » que ce que l’entreprise peut servir, selon la presse.
Pourquoi le titre recule
Quand une action est chère, un bon trimestre ne suffit pas toujours. StockTwits et Yahoo Finance parlent de craintes de valorisation. Dans la même séance, d’autres valeurs de l’IA ont aussi baissé, avec des inquiétudes sur les dépenses des grandes entreprises technologiques.
Pour un investisseur européen, Palantir se négocie aux États-Unis. L’action n’est pas éligible au PEA, mais accessible par un compte-titres. Il s’agit d’un décryptage des faits, pas d’un avis sur l’action.
Sources :
Dette de l’IA : CoreWeave sous pression, un fonds canadien met en garde
Deux signaux sur le financement de l’IA par la dette sont tombés le 2 novembre. CoreWeave a reculé en Bourse malgré une bonne nouvelle commerciale. Et un grand fonds de pension canadien parle d’« exubérance proche de la bulle ».
L’essentiel :
- CoreWeave baisse le 2 novembre, malgré un partenariat élargi avec CrowdStrike, selon The Motley Fool.
- Résultats attendus le 10 novembre.
- David Colla, de CPP Investments, met en garde contre l’excès de dette pour l’IA (Bloomberg, via Benzinga).
- Les chiffres de dette de CoreWeave varient selon les sources : de 35 à plus de 50 Md$.
CoreWeave : la dette reprend le dessus
CoreWeave loue des puces Nvidia à des géants de l’IA. Elle emprunte beaucoup pour en acheter. Selon la presse, les intérêts trimestriels sont passés de 267 M$ à 640 M$ en quelques trimestres. HSBC cite des rendements d’obligations de 14 à 15 %, signe que les prêteurs demandent cher pour prêter. Du côté positif, le carnet de commandes atteignait 104 Md$ au T2, d’après le Motley Fool.
La dette totale dépend de la méthode : CNBC cite 35 Md$ à fin T2, d’autres analyses vont au-delà de 50 Md$ en incluant des contrats de location. Nous ne tranchons pas.
Le signal du fonds canadien
David Colla dirige le crédit chez CPP Investments, le plus gros fonds de pension du Canada. Il dit à Bloomberg qu’on ne peut pas décider un matin que l’IA représente 25 % d’un portefeuille. Il pointe aussi des montages hors bilan, où des sociétés écrans portent la dette des data centers. Le fonds détient environ 265 M$ de CoreWeave, d’après Benzinga.
Pont vers les marchés
Quand une partie des data centers se finance par la dette, la hausse des taux ou un retard de livraison touche les puces, l’énergie et les fournisseurs. CoreWeave est un cas test à suivre le 10 novembre. Elle se négocie aux États-Unis, hors PEA. Cet article informe, il ne conseille pas.
Sources :
- The Motley Fool : CoreWeave slides on debt concerns
- Benzinga : Canada’s biggest pension fund gets selective
- Bloomberg : Credit boss at top Canada pension warns of bubble-like AI rush
- CNBC : Wall Street sees a debt disaster in CoreWeave
- CNN : CoreWeave debt drama roils Wall Street
SpaceX et Boost Mobile : Starlink veut devenir un opérateur
Selon le Washington Post, SpaceX discute avec EchoStar pour racheter Boost Mobile, ou pour utiliser son réseau. Rien n’est confirmé par les entreprises. Le marché a réagi tout de suite.
L’essentiel :
- Premières discussions entre Elon Musk et Charlie Ergen, président d’EchoStar, selon le Post (via R&D World).
- Boost n’a pas de pylônes à lui : il loue des capacités à AT&T et T-Mobile.
- SpaceX aurait aussi approché Verizon, AT&T et T-Mobile, qui auraient refusé.
- SpaceX gagne environ 4 %, AST SpaceMobile perd environ 4 % (Yahoo Finance).
Ce qui a changé depuis notre dernière édition
Nous avions couvert l’offensive de SpaceX dans le mobile via le spectre : demande de bandes à la FCC et vote sur l’ouverture de nouvelles bandes. La nouveauté, c’est l’idée d’acheter un opérateur déjà en place. Boost apporterait des abonnés et un réseau de vente, ce qui accélérerait les plans de SpaceX selon Reuters, cité par Fox9.
Un lien déjà tissé en 2025
En septembre 2025, SpaceX avait déjà acheté des licences de spectre à EchoStar pour environ 17 Md$, dont jusqu’à 8,5 Md$ en espèces et jusqu’à 8,5 Md$ en actions SpaceX, selon Financier Worldwide. Un accord commercial permettait aussi aux clients de Boost d’accéder au service satellite de Starlink.
Lecture pour l’investisseur
Le recul d’AST SpaceMobile montre que le marché voit un concurrent direct. Un rachat poserait des questions de régulation et de coût. Les détails du prix ne sont pas connus. SPCX ne s’achète pas via un PEA, seulement avec un compte-titres. Ces éléments sont des informations, pas un conseil.
Sources :
- R&D World : SpaceX in talks to buy Boost Mobile, Washington Post reports
- Investing.com : EchoStar rises on report SpaceX in talks to buy Boost Mobile
- Yahoo Finance : SpaceX climbs 4% on reported Boost Mobile talks
- Fox 9 : SpaceX looking into buying Boost Mobile or use network
- Financier Worldwide : SpaceX buys EchoStar’s spectrum licences in $17bn deal
Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mardi 3 novembre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.
⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.


