Trading & Bourse · 9 min de lecture · Par Mathieu Dugue
Marchés IA : Terafab, IPO d’Anthropic, Oracle Jupiter
TSMC discute avec Musk, Anthropic et OpenAI choisissent leur calendrier de Bourse, et l’électricité freine un géant d’Oracle. Le tout avec un regard d’investisseur européen, sans conseil.

TSMC discute avec Musk, Anthropic et OpenAI choisissent leur calendrier de Bourse, et l’électricité freine un géant d’Oracle. Le tout avec un regard d’investisseur européen, sans conseil.
Terafab : TSMC discute avec Musk, Tesla rogne la mémoire d’Optimus
Elon Musk confirme des discussions avec TSMC autour de son projet d’usine de puces au Texas. Deux jours plus tôt, il avouait que la pénurie de mémoire l’obligeait à réduire les puces de ses robots.
L’essentiel :
- Le 2 octobre, le chroniqueur de Bloomberg Tim Culpan rapporte que TSMC explore un rôle dans Terafab, d’après le site Teslanorth.
- Musk répond sur X : « Just discussions, but something may come of it » (« juste des discussions, mais il pourrait en sortir quelque chose »).
- Terafab serait un projet de 16,8 Md$ à Grimes County (Texas), associant Tesla, SpaceX et Intel, selon Teslanorth. Rien n’est signé.
- Le 1er octobre, Musk annonce que la puce AI5 passe de 144 à 72 Go de mémoire, et l’AI6 de 216 à 144 Go.
Ce qui change depuis notre dernière édition
Le 30 septembre, Reuters indiquait que TSMC étudiait un investissement au Texas, en plus des 265 Md$ prévus en Arizona. Les plans n’étaient pas finalisés. Nouveauté : un nom est maintenant associé à ce Texas possible, celui de Musk. Les discussions restent « précoces », sans montant ni structure de propriété arrêtés.
Une réserve de taille. En avril, le patron de TSMC, C.C. Wei, rappelait qu’il n’y a « pas de raccourci » dans la fonderie, selon TrendForce. Bâtir une usine prend 2 à 3 ans, puis 1 à 2 ans de montée en cadence. Musk vise un début de production vers 2029.
Pourquoi la mémoire compte pour Optimus
Musk explique que ces coupes sont « la seule façon d’avoir assez de volume » pour Optimus. Il cite une production mondiale de DRAM d’environ 45 milliards de Go par an. Selon lui, l’effet sur les performances sera négligeable, car la bande passante compte plus que la capacité. Cette affirmation vient de Musk lui-même et n’est pas vérifiée.
Le pont avec la Bourse : le robot humanoïde se heurte aux mêmes goulets que l’IA, puces et mémoire. Voir notre édition sur Micron et la mémoire HBM.
Côté accès, Tesla et TSMC (en ADR) se négocient hors PEA, via un compte-titres. Des ETF UCITS tech ou semi-conducteurs offrent une exposition indirecte. Ceci est une information, pas un conseil.
Sources :
- Teslanorth : Musk confirme les discussions avec TSMC
- Teslanorth : Tesla réduit la mémoire des puces AI5 et AI6
- TrendForce : TSMC sur Terafab, pas de raccourci dans la fonderie
- Tesla Stock Rises Overnight After Musk Says ‘Something May Come Of’ TSMC Talks
Anthropic et OpenAI jouent l’introduction en Bourse à leur rythme
Le marché des introductions en Bourse (IPO) américain refroidit. Les deux grands labos d’IA, eux, peuvent choisir leur date grâce à des levées privées géantes.
L’essentiel :
- Anthropic a déposé un dossier confidentiel (S-1) auprès de la SEC le 1er juin, après une levée de 65 Md$ à 965 Md$ de valorisation.
- Selon le Wall Street Journal, relayé par plusieurs médias, l’objectif est une cotation au Nasdaq en novembre. Le dossier public n’est pas encore visible sur EDGAR.
- OpenAI a levé 122 Md$ en mars, cherche au moins 30 Md$ de plus à environ 1 400 Md$, et écarte une IPO en 2026.
- Seuls « les deux ou trois premiers » peuvent se le permettre, juge l’analyste Luke Lango (opinion).
Où en est le calendrier d’Anthropic
Un dépôt confidentiel reste invisible. Avant la tournée des investisseurs (roadshow), l’entreprise doit rendre le prospectus public au moins 15 jours avant. À ce jour, aucun S-1 public d’Anthropic n’apparaît sur EDGAR, selon Forkast. Les médias évoquent une valorisation visée autour de 2 000 Md$ et jusqu’à 100 Md$ levés. Ces chiffres ne sont pas confirmés par la société.
Pourquoi le marché se ferme pour les autres
Selon Benzinga, les rendements américains à 10 ans dépassent 5 %. Plusieurs sociétés ont reporté ou retiré leur cotation. Les labos d’IA dépensent en calcul bien plus que ce qu’un tour privé peut financer longtemps, d’après Lango. Les marchés publics offrent à la fois capital et dette pour les data centers.
Pour un épargnant européen : ni Anthropic ni OpenAI ne sont accessibles aujourd’hui, ni en PEA ni sur un UCITS. Une cotation américaine passerait par un compte-titres. Information, pas conseil.
Sources :
- Benzinga via TradingView : OpenAI, Anthropic contournent le gel des IPO
- Motley Fool : Anthropic pourrait devancer OpenAI à Wall Street
- Futurum : Anthropic dépose son dossier d’IPO
- Anthropic IPO : statut du S-1 (Leverage Shares)
Oracle et Project Jupiter : l’électricité, nouveau goulet des data centers
Oracle a envoyé un avis de « force majeure » sur un campus géant au Nouveau-Mexique. Le problème n’est pas la demande, mais le gaz et les permis.
L’essentiel :
- Le campus Project Jupiter (2,45 GW) est développé par STACK Infrastructure, filiale de Blue Owl, pour Oracle. Il fait partie de l’accord Stargate d’environ 400 Md$ avec OpenAI et SoftBank.
- L’avis permet à Oracle de différer des paiements si l’ouverture de 2028 est manquée.
- Une dette de 18 Md$, portée par une vingtaine de banques, se négocie sous 90 cents pour 1 dollar.
- Oracle parle d’une mesure « de précaution » : le projet reste « dans le calendrier prévu ».
Un site alimenté par du gaz sur place
Le campus doit tourner sur des piles à combustible de Bloom Energy, alimentées au gaz naturel. Le gazoduc prévu a été refusé deux fois par l’administration foncière de l’État, en mars et en juillet, selon AI Weekly. Sa mise en service a glissé de près de six mois, au 1er février 2027. Deux autorisations restent en attente : le gazoduc et la qualité de l’air.
La réaction des marchés
L’annonce a fait reculer Oracle et Blue Owl d’environ 4 % et Bloom de 6 %. Puis Oracle a réaffirmé son contrat de 2,4 GW avec Bloom : le titre a rebondi de 8 % à 288,77 $ le 25 septembre, d’après 24/7 Wall St.
Le pont tech→bourse : le débat sur la bulle IA se déplace de la demande vers l’énergie et la dette. Oracle et Bloom sont cotés aux États-Unis, donc hors PEA. Information, pas conseil.
Sources :
Robots humanoïdes : pourquoi le particulier peine à y accéder
Le boom de la robotique fait du bruit. Mais la plupart des acteurs ne sont pas cotés, et les produits proposés aux épargnants coûtent cher.
L’essentiel :
- Euronews note que la plupart des start-up de robots restent privées.
- Environ 7 000 humanoïdes ont été vendus pour un usage professionnel en 2025, contre 603 000 robots industriels installés.
- Les start-up de robotique ont levé 18,8 Md$ à la mi-juin 2026.
- Tesla est l’option cotée la plus visible, mais l’automobile pèse encore : 20,5 Md$ sur 28,2 Md$ de CA au T2 2026.
Les options, et leurs limites
Tesla se négocie à 165 fois les bénéfices attendus, contre moins de 10 pour les constructeurs européens, selon Euronews. Musk dit que 80 % de la valeur viendra un jour d’Optimus : c’est sa vision, non un fait. Fanuc tire 44 % de ses ventes des robots, ABB 7 à 10 %. KUKA a quitté la Bourse en 2022.
Le fonds RoboStrategy (Nasdaq : BOT) cotait 27,34 $ pour une valeur d’actif de 11,35 $ en août. Ses frais annuels atteignent environ 4 %. Euronews rappelle qu’un fonds comparable, Destiny Tech100, a perdu 71 % en quatre jours quand la prime a disparu.
Les ETF UCITS
Pour un Européen, des ETF UCITS thématiques existent. Le KraneShares KOID, coté à Londres, vise les humanoïdes. Trois produits humanoïdes cumulent environ 120 M$ d’actifs, dont 74 M$ pour KraneShares, selon la presse spécialisée. Les ETF robotique généraux, comme iShares Automation & Robotics ou L&G ROBO, sont plus larges. Vérifiez toujours les frais et le contenu réel : information, pas conseil.
Sources :
- Euronews : Pourquoi les particuliers peinent à investir dans la robotique
- ETF Stream : premier ETF humanoïde en Europe
- Funds Society : la robotique humanoïde attire les ETF
- KraneShares Europe : KOID
SpaceX à 158 $ : les particuliers vendent, malgré l’orbite de Starship
Starship a atteint l’orbite, mais l’action SPCX a clôturé à 158 $ le 2 octobre, environ 30 % sous son pic. Le nouveau fait : une vague de ventes de particuliers.
L’essentiel :
- Selon JP Morgan, les particuliers ont vendu 570 M$ d’actions sur trois semaines en septembre, dont la plus forte sortie hebdomadaire jamais enregistrée par la banque.
- Le 24 septembre, 328 millions d’actions ont été débloquées pour les initiés.
- Le titre vaut environ 60 fois le chiffre d’affaires, selon Yahoo Finance UK.
- Musk annonce renommer SpaceXAI en SpaceXSI (« super intelligence »).
Ce qui a changé depuis notre dernière édition
Nous avions couvert le vol 14 et les déblocages. Le chiffre nouveau est celui des flux : le gros des ventes vient des particuliers, pas seulement des initiés. L’action était à 225,64 $ au pic de juin et à 135 $ à l’IPO. Les objectifs des analystes restent éloignés : environ 222 $ en moyenne, 142 $ pour le plus bas cité par Yahoo.
Les fondamentaux cités par Yahoo : 18,7 Md$ de CA en 2025 et 4,9 Md$ de perte nette. Le titre baisse donc malgré un jalon technique, ce qui suggère un sujet de sentiment et de flux, selon l’article.
Le renommage
Musk a confirmé SpaceXSI après une suggestion d’un utilisateur, dans la foulée d’un décret de Donald Trump invitant les agences à parler de « super intelligence ». Il n’a pas de conséquence financière directe connue.
SPCX est coté au Nasdaq : hors PEA, compte-titres uniquement. Information, pas conseil.
Sources :
- Yahoo Finance UK : comment SpaceX est passé de 225 $ à 158 $
- Yahoo Finance : SPCX recule avant le déblocage d’actions
- NTD : Musk renommera SpaceXAI en SpaceXSI
- Teslarati : Musk et le changement de nom de SpaceX
Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au lundi 5 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.
⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.


