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La Minute IA

Trading & Bourse · 10 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : le prospectus d’Anthropic et Starship en orbite

Le prospectus d’Anthropic révèle 518 Md$ d’engagements et une perte de 42 Md$. Starship atteint l’orbite malgré une panne moteur, et OpenAI repousse son IPO.

Marchés IA : le prospectus d'Anthropic et Starship en orbite

Le prospectus d’Anthropic révèle 518 Md$ d’engagements et une perte de 42 Md$. Starship atteint l’orbite malgré une panne moteur, et OpenAI repousse son IPO.

Anthropic : ce que révèle le prospectus avant l’IPO

Le projet de prospectus d’Anthropic a fuité, et les chiffres sont enfin sur la table. Revenus qui explosent, pertes énormes et 518 Md$ d’engagements : voici ce qu’il faut retenir.

L’essentiel :

  • Selon Reuters, qui a consulté le document, les revenus 2025 ont atteint près de 4,6 Md$ (x12), pour une perte nette d’environ 42 Md$.
  • Environ 34 Md$ de cette perte sont une charge comptable, pas de l’argent dépensé pour faire tourner l’entreprise. La perte d’exploitation dépasse 8 Md$.
  • Le chiffre d’affaires du 2e trimestre 2026 atteindrait 11,5 Md$, contre 4,73 Md$ au 1er trimestre.
  • L’entreprise prévoit 518 Md$ d’engagements en cloud, calcul et infrastructures.

Une croissance rapide, des pertes énormes

Anthropic a déjà indiqué à ses investisseurs un rythme annualisé de 65 Md$ fin juillet. Le prospectus donne maintenant des chiffres comptables. Le Motley Fool relève un 2e trimestre multiplié par 14 sur un an.

La perte de 42 Md$ fait peur au premier regard. Mais l’essentiel vient d’une réévaluation de financements qui peuvent se transformer en actions. C’est un effet de comptabilité lié aux levées passées. La perte d’exploitation, plus parlante, dépasse tout de même 8 Md$ hors dépréciations. Les dépenses de calcul et d’infrastructure ont atteint 7,33 Md$ en 2025, et la trésorerie s’élevait à 20,28 Md$ fin décembre (Reuters).

Des engagements très lourds, des clients peu liés

Sur les 518 Md$, le Motley Fool compte environ 110 Md$ avec Amazon Web Services sur dix ans. Viennent ensuite 30 Md$ de capacité Microsoft Azure, 50 Md$ de projets Fluidstack et l’accord de 5 gigawatts avec Alphabet et Broadcom.

Côté clients, près d’un quart des revenus 2025 venait de deux clients seulement. Anthropic prévient aussi que beaucoup de gros clients n’ont pas de contrat long et peuvent réduire leurs dépenses. Le document évoque enfin un risque « catastrophique ou existentiel pour l’humanité » lié à l’IA.

Amazon a investi 18 Md$ et détiendrait environ 7% du capital sur le papier. Sa participation pèse environ 190 Md$ dans ses comptes au 30 juin (Motley Fool). C’est le pont le plus direct entre Anthropic et la Bourse aujourd’hui.

Calendrier et accès pour un épargnant européen

Le document n’est pas encore public sur le site de la SEC. Le S-1 public doit être déposé au moins 15 jours avant le roadshow. La cotation est attendue après les élections américaines de novembre, avec une valorisation visée supérieure à 2 000 Md$ selon plusieurs investisseurs (non confirmée par Anthropic).

La cotation est prévue aux États-Unis. Les actions américaines ne sont en général pas éligibles au PEA, mais un compte-titres ordinaire y donne accès. Rien de tout cela ne constitue un conseil : ce sont des faits et des estimations de presse.

Sources :

Starship atteint l’orbite : un succès avec une panne moteur

Le 28 septembre, Starship a atteint l’orbite pour la première fois et largué 26 satellites Starlink V3. Mais un moteur s’est arrêté en route et la mission a été écourtée.

L’essentiel :

  • Starship a rejoint l’orbite environ 26 minutes après le décollage de Starbase (Texas), à 8h49 heure de l’Est.
  • Un des trois moteurs Raptor « vide » s’est coupé plus tôt que prévu, mais la mission a continué.
  • Les 26 satellites Starlink V3 ont bien été largués.
  • Le vol a duré 3 h 09 au lieu des 10 heures prévues (six tours de la Terre).

Ce qui s’est passé

Après l’arrêt du moteur, le porte-parole de SpaceX a d’abord annoncé que le vaisseau ne pourrait pas atteindre l’orbite. Quelques minutes plus tard, les ingénieurs ont confirmé qu’il pouvait encore réaliser l’allumage clé. Il l’a fait (Via Satellite).

Le vaisseau est ensuite retombé dans le Pacifique nord, environ 6 h 50 plus tôt que prévu. Le média spécialisé juge que la plupart des objectifs ont été atteints. Chaque satellite V3 apporte environ 1 Tbit/s de capacité, soit 26 Tbit/s pour ce vol (Light Reading et autres médias spécialisés).

Le pont vers la Bourse

Pour SpaceX, l’enjeu est financier. Une charge pleine de satellites V3 ajoute autant de capacité à Starlink qu’environ 20 vols de Falcon 9 avec les satellites actuels (Motley Fool). Starlink est le seul segment rentable du groupe, selon son rapport du 2e trimestre.

Pour les concurrents cotés, c’est un signal à suivre. Rocket Lab tire environ 25% de son chiffre d’affaires du lancement (108 M$ sur 434 M$ au 1er semestre 2026). Son carnet de commandes de lancement a presque doublé, de 476 M$ à 940 M$ au 30 juin. Son action se paie plus de 40 fois son chiffre d’affaires annualisé et sa fusée Neutron n’a pas encore volé (Motley Fool). Le Motley Fool voit le risque dans une pression possible sur les prix de lancement quand Neutron arrivera.

Ce qu’on ne sait pas encore

La réaction exacte du titre SpaceX (SPCX) et la cause technique de l’arrêt moteur ne sont pas détaillées dans les sources consultées. La cadence de vols suivants dépendra de l’analyse de cette panne. Côté accès, SPCX est coté au Nasdaq, donc hors PEA (compte-titres uniquement). Ce texte reste informatif et ne constitue pas un conseil.

Sources :

Nvidia cherche des assureurs pour les prêts de ses clients

Nvidia voudrait que des assureurs couvrent les pertes si certains clients ne remboursent pas leurs prêts. Ces prêts servent à acheter… des puces Nvidia.

L’essentiel :

  • Selon le Financial Times, Nvidia sonde des assureurs pour couvrir les défauts de prêts de « néoclouds » (CoreWeave, Core Scientific, Nscale, Lambda).
  • Les discussions sont précoces et aucun accord n’est finalisé.
  • Le montant serait « énorme », au-delà de la capacité d’un seul assureur.
  • Des critiques y voient du « financement par le fournisseur », comme pendant la bulle internet.

Comment ça marcherait

Un néocloud est un jeune acteur du cloud spécialisé dans l’IA. Il emprunte pour acheter des puces, puis loue leur puissance de calcul. Les puces servent de garantie au prêt.

Si le néocloud fait défaut, le prêteur récupère les puces. Mais elles perdent vite de la valeur. L’assureur paierait la différence si leur revente ne couvre pas la dette (Bisnow, d’après le FT). Pour répartir un risque aussi gros, le projet prévoit de le partager avec des fonds spéculatifs et d’autres investisseurs.

Pourquoi cela compte pour la Bourse

Le FT avait déjà compté plus de 11 Md$ de prêts accordés à des néoclouds par des gérants comme BlackRock, Blackstone, Pimco ou Carlyle, garantis par des puces Nvidia (via Business Insider). Les prêteurs hésitent parce que les puces se déprécient vite.

Nvidia porte déjà d’autres garanties. Dans son rapport trimestriel, le groupe a indiqué une garantie de valeur résiduelle maximale de 105 Md$ liée au campus OpenAI de l’Ohio (voir notre édition du 2 septembre). Le sujet pèse donc sur le débat autour du « financement circulaire » : le fournisseur aide ses clients à le payer. Les défenseurs du montage y voient un moyen de débloquer la demande. Les critiques répondent que le risque reste dans l’écosystème si la demande ralentit.

Pour un épargnant européen, Nvidia est accessible via des ETF UCITS (monde, Nasdaq-100, semi-conducteurs). Ces faits sont informatifs et ne constituent pas un conseil.

Sources :

OpenAI repousse son IPO et cherche 30 Md$ à 1 400 Md$

OpenAI n’entrera pas en Bourse cette année. Selon Bloomberg, elle prépare une levée d’au moins 30 Md$ pour tenir jusque-là.

L’essentiel :

  • Bloomberg rapporte (29 septembre) que OpenAI cherche au moins 30 Md$ à une valorisation d’environ 1 400 Md$, hors argent frais.
  • Sam Altman dit que l’IPO n’aura pas lieu en 2026, en citant les enjeux de sécurité de l’IA.
  • La dernière levée datait de mars : 122 Md$ à 852 Md$.
  • Le rythme annualisé de revenus dépasse 40 Md$, avec +70% depuis juillet selon Bloomberg.

Ce qui change depuis notre dernière édition

Le 18 septembre, le WSJ évoquait une valorisation visée de 1 200 Md$ et une cotation repoussée à 2027. Le chiffre monte à 1 400 Md$, soit environ 64% de plus que la valorisation de mars. Cette fois, la décision de repousser l’IPO vient d’une déclaration d’Altman lui-même, rapportée par CoinDesk.

La levée est vue comme un « pont » vers une cotation en 2027 au plus tôt (Blockhead). Le montant et la valorisation restent des informations de presse : OpenAI ne les a pas confirmés dans les sources consultées.

Le pont vers la Bourse

Deux produits annoncés en parallèle : un agent IA toujours actif appelé Dots, et un abonnement à 500$. Ils visent à augmenter les revenus avant la cotation.

Le contraste avec Anthropic est net. Anthropic a indiqué 65 Md$ de revenus annualisés fin juillet et vise une cotation en novembre. OpenAI, elle, choisit de rester privée plus longtemps. Pour un épargnant, cela veut dire qu’Anthropic pourrait être la première grande IA générative cotée, et qu’OpenAI reste accessible seulement indirectement (Microsoft, Nvidia, SoftBank) : ces valeurs sont sur des places américaines ou japonaise, rarement au PEA.

Rien ici n’est un conseil : ce sont des faits de presse, à lire avec prudence.

Sources :

TSMC étudie un investissement au Texas

TSMC regarderait un nouveau site aux États-Unis, cette fois au Texas. Ce serait en plus des 265 Md$ déjà prévus en Arizona.

L’essentiel :

  • Selon Reuters (30 septembre), TSMC évalue un investissement au Texas.
  • Les plans ne sont pas finalisés, selon des sources anonymes.
  • Le conseil d’administration n’a pas approuvé le projet et les fournisseurs n’ont pas été prévenus.
  • Il s’ajouterait aux 265 Md$ annoncés pour l’Arizona.

Ce que l’on sait

En juillet, TSMC a ajouté 100 Md$ à son plan en Arizona, portant le total à 265 Md$. Le PDG C.C. Wei a parlé de « quatre usines ou plus » en plus, côté fabrication et conditionnement avancé. Le site de Phoenix doit à terme compter 12 usines de fabrication, des installations de conditionnement avancé et un centre de R&D (Yahoo Finance).

Aucune date ni aucun montant n’est confirmé pour le Texas. Un média local américain évoque six usines près de Dallas, mais ce détail n’est pas confirmé par TSMC ni par Reuters.

Le pont vers la Bourse

La demande en puces d’IA est le moteur que TSMC cite elle-même pour son expansion en Arizona. Un site texan prolongerait cette logique.

Il reste d’abord à voir si le projet sera approuvé, puis comment TSMC le financera. Aucun chiffre de coût n’est donné à ce stade.

TSMC est coté à Taïwan et via des ADR américains. En Europe, on y accède surtout par des ETF UCITS larges (monde, émergents, semi-conducteurs). Ces informations ne constituent pas un conseil.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au jeudi 1 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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