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La Minute IA

Trading & Bourse · 7 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : ASML, Anthropic et Starlink en Ukraine

ASML dit que l’IA dépasse sa capacité de production. Anthropic ouvre ses comptes aux investisseurs, pendant que Starlink est bridé en Ukraine.

Marchés IA : ASML, Anthropic et Starlink en Ukraine

ASML dit que l’IA dépasse sa capacité de production. Anthropic ouvre ses comptes aux investisseurs, pendant que Starlink est bridé en Ukraine.

ASML relève ses prévisions : l’IA dépasse la capacité de production

ASML fabrique les machines sans lesquelles aucune puce avancée n’existe. Ses résultats du 14 octobre confirment que la demande liée à l’IA dépasse ce que le groupe sait produire.

L’essentiel :

  • Ventes du T3 : 11,66 Md€ (record), contre 9,33 Md€ au trimestre précédent.
  • Bénéfice net : 4,96 Md€ ; marge brute : 57,5 %.
  • Prévision 2026 : 44 à 45 Md€ de ventes, marge brute d’environ 56 %.
  • Prévision T4 : 14,2 à 15,2 Md€ de ventes.

Ce qui a changé depuis notre dernière édition

Le 13 octobre, nous attendions ces chiffres avec une fourchette de 11 à 12 Md€. Le résultat tombe près du haut de la fourchette, selon le PDG Christophe Fouquet.

Le fait nouveau est ailleurs. Le groupe écrit que son offre « telle que planifiée pour 2027 et 2028 ne répondra pas pleinement à la demande ». Il étudie donc une hausse de capacité en 2028, au-delà des +30 % déjà annoncés.

Autre signal : des clients veulent déjà passer commande pour 2029 et même 2030, selon le communiqué. ASML ne publie pas de chiffre de commandes (bookings) dans le texte consulté.

Le pont vers la Bourse

Pour le marché, la question n’est plus « la demande existe-t-elle ? » mais « jusqu’à quand ? ». Les commandes d’ASML précèdent de deux à trois ans les ventes de puces.

La réaction boursière reste nuancée. Selon Stocktwits, le titre a reculé malgré le relèvement, car le chiffre d’affaires du T3 serait resté sous certaines attentes, et la baisse a gagné d’autres valeurs comme Micron et Intel. Nous n’avons pas pu confirmer l’ampleur exacte du mouvement.

Pour un épargnant européen, ASML est cotée à Amsterdam et reste éligible au PEA. Ce n’est pas une recommandation : c’est un point d’accès, parmi d’autres, à la chaîne des puces.

Sources :

Anthropic dévoile ses comptes du T3 aux investisseurs avant l’IPO

Anthropic montre ses chiffres du troisième trimestre à des investisseurs, mercredi 14 octobre. C’est la première fois. Le public, lui, n’a pas encore vu les chiffres.

L’essentiel :

  • Présentation à des investisseurs potentiels, rapportée par Bloomberg puis CNBC, sans commentaire d’Anthropic.
  • Les chiffres du T3 ne sont pas publics ; le dossier S-1 reste confidentiel.
  • Cotation évoquée dès mi-novembre, valorisation espérée autour de 2 000 Md$ : rien n’est confirmé.
  • Point de vigilance : la définition du revenu.

Ce qui change depuis notre dernière édition

Nous avions signalé l’investor day du 14 octobre et l’absence de S-1 public. Il a maintenant lieu. Avant lui, les derniers repères datent d’août : Bloomberg citait un revenu annualisé au-delà de 65 Md$ fin juillet et plus de 11,5 Md$ de revenu préliminaire au T2.

Un exemplaire du S-1 cité par Reuters (via Yahoo Finance) montrait un revenu 2025 d’environ 4,6 Md$, multiplié par 12.

Le sujet sensible : compter le revenu

Les investisseurs veulent savoir si Anthropic compte comme revenu les ventes réalisées via ses partenaires cloud. Le débat vient de la révision des chiffres d’OpenAI, selon CNBC. Deux entreprises peuvent annoncer « 10 » et parler de choses différentes.

Le pont vers la Bourse

La valorisation de mai était de 965 Md$ après une levée de 65 Md$. Une introduction vers 2 000 Md$ doublerait ce repère, hypothèse non confirmée. L’IPO servirait de test pour toute la chaîne : puces, mémoire, data centers.

Côté épargnant européen, aucune action n’est cotée à ce jour. Des produits synthétiques existent, comme l’ETP de 21shares, mais ils ne sont pas des actions et ne sont pas des UCITS.

Sources :

Des responsables ukrainiens disent que SpaceX a limité l’usage de Starlink par l’armée. SpaceX n’a rien dit. Pour un actionnaire, l’épisode touche au cœur de la valeur du groupe.

L’essentiel :

  • Selon Reuters, un conseiller de la présidence ukrainienne affirme que SpaceX a limité des opérations de Starlink, ce qui a perturbé des missions militaires.
  • Un autre conseiller, Serhii Sternenko, dit que la connexion chute au-delà de 160 km/h.
  • Il avance que SpaceX aurait agi à la demande de l’administration Trump : c’est son hypothèse, non confirmée.
  • Aucun commentaire de SpaceX dans les sources consultées.

Ce que l’on sait, et ce que l’on ignore

Les sources divergent sur l’identité de l’interlocuteur : Reuters cite un conseiller présidentiel, Yahoo/Investing.com décrit M. Sternenko comme conseiller du ministère de la Défense. Les deux parlent de missions perturbées sans avertissement.

Les terminaux civils ordinaires resteraient opérationnels, selon M. Sternenko. Il s’agit de déclarations d’une seule source, sans vérification indépendante.

Le pont vers la Bourse

Starlink est le seul segment rentable de SpaceX : environ 570 000 abonnés nets par mois au T2, soit 1,7 million sur le trimestre, selon le Motley Fool. Le revenu moyen par abonné est de 66 $ par mois, contre 85 $ un an plus tôt.

Le Fool évalue le groupe autour de 2 200 Md$ au 12 octobre. À ce niveau, une partie du prix repose sur des contrats publics et militaires. Toute décision politique, dans un sens ou l’autre, pèse sur ce récit.

SpaceX n’est pas éligible au PEA : seul le compte-titres y donne accès.

Sources :

Nvidia entre au capital de Doctolib et de trois start-up françaises

Nvidia ne vend plus seulement des puces à l’Europe : il y prend des parts d’entreprises. Quatre start-up françaises sont concernées.

L’essentiel :

  • Participations minoritaires dans Doctolib, Genesis AI, Pigment et Entalpic.
  • Montants, valorisations et pourcentages : non communiqués.
  • Nvidia dit avoir engagé près de 10 Md$ dans l’écosystème technologique européen.
  • Doctolib et Genesis AI ont confirmé ; Pigment et Entalpic, révélées par Les Echos, n’avaient pas répondu à Reuters.

Ce que fait chaque entreprise

Doctolib construit des agents d’IA pour les soignants. Genesis AI développe des robots généralistes. Pigment édite un logiciel de planification pour entreprises. Entalpic accélère la recherche de matériaux, notamment pour les semi-conducteurs.

Doctolib dit que cet apport l’aidera à développer des outils d’IA. Selon un rapport secondaire, son PDG parle de modèles maison tournant sur des puces Nvidia, pour garder la maîtrise des données de santé ; nous n’avons pas pu le confirmer à la source.

Le pont vers la Bourse

Pour Nvidia, c’est un moyen d’ancrer ses puces chez ses futurs clients, la logique déjà vue avec son portefeuille de participations. Notre édition du 7 septembre l’avait déjà évoquée.

Pour l’épargnant européen, aucune de ces quatre sociétés n’est cotée : on ne peut donc pas les acheter en Bourse, ni dans un PEA. Le signal est ailleurs : le capital américain cherche des actifs IA français avant une éventuelle introduction.

L’annonce vient avant le keynote de Jensen Huang à Berlin, prévu le 21 octobre, selon Nvidia.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au mercredi 14 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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