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La Minute IA

Trading & Bourse · 8 min de lecture · Par Mathieu Dugue

Marchés IA : SpaceX vise les opérateurs mobiles, OpenAI et Firmus

SpaceX rachète des fréquences basses et fait chuter les opérateurs américains. Deux chiffres s’affrontent sur les revenus d’OpenAI, et Firmus renonce à sa Bourse.

Marchés IA : SpaceX vise les opérateurs mobiles, OpenAI et Firmus

SpaceX rachète des fréquences basses et fait chuter les opérateurs américains. Deux chiffres s’affrontent sur les revenus d’OpenAI, et Firmus renonce à sa Bourse.

SpaceX rachète des fréquences basses : les opérateurs américains décrochent

SpaceX a annoncé jeudi 8 octobre l’achat de toutes les fréquences 800 MHz du fonds Grain Management. Les actions d’AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé en après-Bourse. Dernier épisode d’un feuilleton déjà couvert par La Minute IA : l’accord EchoStar et l’autorisation FCC de 15 000 satellites.

L’essentiel :

  • SpaceX reprend 100 % du portefeuille 800 MHz de Grain, soit jusqu’à 14 MHz de fréquences basses appariées, selon Investing.com.
  • Le prix n’est pas communiqué par les parties. Le montant d’environ 8 milliards de dollars circule dans la presse, sans confirmation officielle.
  • L’opération doit encore recevoir l’aval final de la FCC, le régulateur américain.
  • Les trois grands opérateurs ont perdu entre 5 % et près de 7 % en après-Bourse selon Investing.com. Reuters fait état de baisses plus faibles. Les écarts viennent de l’heure et de la source.

Pourquoi ces fréquences comptent

Les fréquences basses passent à travers les murs. C’est ce qui manquait à SpaceX : son offre satellite-téléphone fonctionne surtout à l’extérieur. Selon SpaceX, la plupart des téléphones actuels, sans modification, gèrent déjà la bande 800 MHz.

Grain avait racheté ce lot à T-Mobile en août, dans un échange d’argent et de fréquences 600 MHz. Le lot change donc de mains pour la deuxième fois en deux mois.

Le pont vers la Bourse

Ce qui a changé depuis notre dernière édition : SpaceX ne vise plus seulement la zone blanche, mais le cœur du marché des opérateurs. Starlink Mobile veut combiner satellites et réseau terrestre.

Pour un investisseur européen, trois points sont à suivre. Le titre SpaceX (SPCX) se négocie à Wall Street, donc sans accès direct via un PEA. Les opérateurs américains pèsent dans de nombreux ETF « dividendes US » éligibles au compte-titres. La décision de la FCC reste la vraie inconnue : aucun calendrier n’est annoncé.

Rappel de prudence : une annonce d’achat n’est pas un service lancé. Le calendrier de Starlink Mobile, déjà visé pour fin 2027 dans les éditions précédentes, n’a pas changé à ce stade.

Sources :

OpenAI : 70 ou 50 milliards de dollars de revenus ? Le chiffre qui secoue les puces

Deux chiffres s’affrontent sur les revenus d’OpenAI. Bloomberg parle de 70 milliards de dollars attendus fin 2026. Le Financial Times évoque un peu moins de 50 milliards aujourd’hui. Les valeurs des puces ont été secouées.

L’essentiel :

  • Selon Bloomberg, OpenAI s’attend à atteindre ou dépasser 70 milliards de dollars de revenus annualisés fin 2026, surtout grâce aux entreprises.
  • Selon le Financial Times, OpenAI a annoncé à ses investisseurs « un peu moins de 50 milliards » fin septembre, soit environ 20 milliards sous le chiffre qui circulait.
  • Le FT explique l’écart par la comptabilité : Anthropic compte en totalité les ventes passant par ses partenaires cloud, OpenAI n’en compte que sa part.
  • Les puces ont reculé de 3,4 % jeudi, selon Investing.com.

Deux chiffres, deux sens

70 milliards est une cible pour fin 2026. 50 milliards est une mesure à fin septembre. Ce ne sont donc pas deux mesures du même moment.

Le FT estime aussi que le chiffre de 70 milliards était une extrapolation d’investisseurs, en partie fondée sur des articles de presse. Bloomberg a rapporté ensuite la cible de 70 milliards, selon des sources proches du dossier.

Ce qui a changé depuis notre dernière édition : la discussion ne porte plus seulement sur la taille d’OpenAI, mais sur la manière de la mesurer. Comparer deux laboratoires avec deux règles comptables donne deux photos différentes.

Le pont vers la Bourse

OpenAI achète énormément de puces et de capacité de calcul. Quand son chiffre d’affaires semble plus faible, les fournisseurs trinquent. Selon CNBC, le Nasdaq 100 a perdu plus de 300 points en une demi-heure jeudi. Nvidia, Oracle et CoreWeave ont été particulièrement visés.

Les contrats à long terme restent signés. Mais la Bourse se demande si les revenus suivront les dépenses. OpenAI est, selon la presse, en discussion pour lever des fonds à une valorisation de 1 400 milliards de dollars. Son entrée en Bourse n’est pas attendue avant début 2027, selon les médias. Anthropic pourrait passer avant.

Côté européen, l’exposition passe surtout par des ETF Nasdaq ou semi-conducteurs,. Rien ne dit que le mouvement de jeudi se prolonge.

Sources :

Firmus renonce à son IPO australienne : premier refus du marché pour un bâtisseur de data centers IA

Firmus, soutenu par Nvidia, a abandonné vendredi 9 octobre son entrée en Bourse à Sydney. Elle aurait été la deuxième plus grosse d’Australie. La société se tourne vers des fonds privés.

L’essentiel :

  • L’opération visait environ 5 milliards de dollars, à 11 dollars australiens l’action, selon Reuters via Investing.com.
  • Cela valorisait Firmus à 30,6 milliards de dollars, près du triple de sa valeur d’août (10,5 milliards).
  • Firmus dit vouloir lever des capitaux privés. Une personne impliquée évoque un objectif de cotation au Nasdaq après le prochain tour, ce que la société n’a pas confirmé.
  • Le gérant Maas Group, actionnaire, avait déjà perdu plus de 20 % jeudi, selon MarketScreener.

Pourquoi la demande a manqué

Selon Reuters, les investisseurs s’inquiétaient de la dette (environ 30 milliards de dollars), du peu d’expérience de Firmus dans les data centers IA et du retrait d’un partenaire. Le patron de CDC Data Centres a dit qu’un projet de 1,6 gigawatt avec Firmus n’était plus en cours. Des ordres ont ensuite été retirés.

Autre point sensible : les règles de blocage des titres auraient permis aux actionnaires existants de vendre plus de la moitié du capital dès le premier jour.

Ce qui a changé depuis notre édition d’hier : nous suivions un prix final et une cotation prévue le 23 octobre. L’option est écartée.

Le pont vers la Bourse

Le signal compte plus que l’entreprise. Un acteur de l’infrastructure IA, avec de gros noms au capital (Nvidia, Blackstone, Jane Street, Coatue), n’a pas trouvé preneur à ce prix. Les marchés comparent maintenant la valeur de ces projets à leur dette.

Pour un particulier européen, Firmus n’était de toute façon pas accessible via un PEA. L’enseignement est ailleurs : les introductions de sociétés IA très endettées sont jugées au cas par cas.

Il s’agit d’un fait de marché, pas d’une prévision : un refus ponctuel ne dit rien sur toutes les valeurs de l’IA.

Sources :

Lumentum : les composants optiques de l’IA sont vendus jusqu’en 2029

Le patron de Lumentum affirme que ses composants optiques sont « complètement vendus » presque jusqu’en 2029. La demande des data centers IA dépasse ce que les usines peuvent produire.

L’essentiel :

  • Michael Hurlston l’a dit lors d’un entretien à Tokyo le 9 octobre, selon Bloomberg.
  • Il avait avancé 2028 plus tôt cette année. L’horizon recule donc d’environ un an.
  • Selon le Japan Times, Lumentum ne peut pas servir environ 70 % de la demande de certains produits l’an prochain.
  • Nvidia a annoncé le 2 mars un investissement de 2 milliards de dollars dans Lumentum, avec un engagement d’achat de plusieurs milliards.

Ce que sont ces pièces

Ce ne sont pas des puces de calcul. Ce sont des lasers et composants en phosphure d’indium, qui font circuler les données entre les serveurs à grande vitesse. Un data center IA en a besoin par milliers. Sans eux, les processeurs attendent leurs données.

Ce qui a changé depuis nos éditions sur la chaîne des puces : le goulot d’étranglement ne se situe plus seulement dans les GPU et la mémoire, mais aussi dans la connectique optique.

Le pont vers la Bourse

Une capacité « vendue » donne de la visibilité sur les ventes futures. Elle ne garantit ni les marges, ni les bénéfices, ni la tenue du cours. Selon la presse financière, d’autres valeurs de l’optique (Coherent, Applied Optoelectronics, POET) ont aussi monté dans la nuit.

Il s’agit d’une déclaration du dirigeant, pas de résultats publiés. Les chiffres comptables viendront avec les prochains comptes trimestriels.

Pour l’investisseur européen, ces titres cotent aux États-Unis. L’accès passe par un compte-titres ou des ETF thématiques semi-conducteurs/IA de type UCITS. Ces fonds contiennent souvent des valeurs plus connues, donc l’exposition à l’optique reste limitée.

Le risque inverse existe : si les commandes d’IA ralentissent, comme le laisse craindre la séance de jeudi sur OpenAI, un carnet plein aujourd’hui se mesure à la solidité des clients.

Sources :

Édition préparée par notre agent de veille (données et sources au vendredi 9 octobre 2026), relue selon notre politique éditoriale. Information générale, pas un conseil en investissement : investir comporte des risques de perte en capital.

⚠️ Ceci n’est pas un conseil financier. Investir comporte des risques de perte en capital.

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